Une victime de viols témoigne : "Suivre un accompagnement sexuel m'a réparée"

  • A
  • A
Pascale a été violée à plusieurs reprises pendant son adolescence (Image d'illustration). 1:50
Pascale a été violée à plusieurs reprises pendant son adolescence (Image d'illustration). © Pixabay
Partagez sur :
Pascale Causier a subi plusieurs viols pendant son adolescence, autant de traumatisme avec lesquels elle a continuer à lutté à l'âge adulte. Mère de famille, divorcée, elle a eu recours un a accompagnant sexuel pendant neuf mois, expérience salvatrice qu'elle raconte aujourd'hui dans un livre, et au micro d'Europe 1. 
TÉMOIGNAGE

"Je me sentais déconnectée, de mon corps et de ma sexualité." Quand elle était adolescente, Pascale Causier a subi plusieurs viols et agressions sexuelles. Malgré des psychothérapies successives, elle n'arrive pas à mettre ce traumatisme derrière elle. Divorcée, mère de deux enfants, elle rencontre Alex il y a quelques années, "lors d'une conférence sur un autre sujet". Alex est assistant sexuel.

 

"J’ai eu envie dans un premier temps de tester un massage avec lui. A l’issue du premier massage, je me suis dit 'pourquoi pas'", témoigne Pascale Causier au micro d'Europe 1. Avec Alex, les choses sont cadrées. En neuf mois d'accompagnement, il lui procure une quinzaine de massages, facturés 120 euros, chacun suivi de relations sexuelles. "C’était des moments de pur égoïsme. Je pouvais ne penser qu’à moi. Je n’avais pas à me soucier des répercussions sur une relation. Dans un couple, on accepte parfois des choses pour faire plaisir à l’autre, pour ne pas le perdre. Entre nous, il y a eu un lien très fort. Mais amoureux l’un de l’autre, jamais."

"Dans ma sexualité, je n'ai plus de culpabilité"

Pascale Causier vient de publier aux éditions Broché J'ai suivi un accompagnement sexuel, sous-titré "Et cela devrait être un droit pour tous". En France, le recours à un assistant sexuel est encore proscrit, car assimilé à de la prostitution en tant qu'acte sexuel tarifé. En février toutefois, la secrétaire d'État chargée des personnes handicapées Sophie Cluzel s'était dite favorable à "ce qu'on puisse accompagner la vie intime des personnes en situation de handicap", et annoncé avoir saisi le Comité national consultatif d'éthique (CCNE) en ce sens. Certaines personnes handicapées notamment réclament ce droit depuis plusieurs années. 

Dans son livre, Pascale Causier, raconte avoir été submergée, pendant ses neuf mois d'accompagnement, par des vagues d'émotion liées aux viols qu'elle a subi. Des moments difficiles qui l'ont toutefois poussée sur la voie de la guérison. "Aujourd'hui, je me sens réparée. Je vais bien. Je ne suis pas différente d’avant, je suis complète. Dans ma sexualité, je n'ai plus d'arrière-pensées, ni de culpabilité." 

Europe 1
Par Eve Roger, édité par Laetitia Drevet