Les signalements pour appels frauduleux, abusifs ou usurpations de numéros ont explosé en 2025, selon l’Arcep. En deux ans, ce type d’alertes a été multiplié par onze, poussant le régulateur à renforcer les obligations des opérateurs et à ouvrir une enquête administrative.
Les signalements de consommateurs concernant les appels frauduleux, abusifs ou les usurpations de numéros ont plus que doublé en 2025, selon les chiffres publiés lundi par l’Arcep. “Les signalements des consommateurs relatifs à la catégorie des 'appels et messages non sollicités ou abusifs' sont en forte croissance de 113% par rapport à 2024”, indique l’autorité de régulation dans son rapport annuel.
Cette hausse s’inscrit dans une tendance déjà très marquée : en deux ans, les alertes liées aux appels abusifs ont été multipliées par onze. Avec plus de 23.000 plaintes recensées, cette catégorie constitue désormais le deuxième motif de signalement auprès du régulateur, juste derrière les problèmes liés à la fibre optique.
19.000 signalements
Le phénomène concerne principalement les usurpations de numéros, le démarchage non sollicité, ainsi que les SMS et appels frauduleux. Le nombre de consommateurs affirmant soupçonner une usurpation de leur propre numéro dépasse 19.000 signalements, un chiffre qui a plus que doublé en un an et a été multiplié par plus de trente entre 2023 et 2025.
Face à cette explosion, l’Arcep a déjà pris plusieurs mesures. Depuis début décembre, elle demande aux opérateurs d’afficher, chez le destinataire, les numéros supposément “masqués” lorsqu’il existe un doute sur leur authentification. Le but : limiter les attaques par “spoofing”, une technique permettant d’utiliser frauduleusement un numéro existant pour se faire passer pour quelqu’un d’autre.
Les opérateurs français visés par une enquête administrative
Les opérateurs disposent en principe de moyens techniques pour vérifier l’authenticité des numéros affichés. Depuis octobre 2024, ils sont d’ailleurs tenus de s’assurer que les numéros appelants sont authentifiés et doivent bloquer les appels qui imitent indûment un autre numéro. Mais malgré ces obligations, la menace persiste et s’amplifie.
En réaction, l’Arcep a ouvert en janvier une enquête administrative visant les opérateurs français. Celle‑ci doit “comprendre l'origine et les modalités d'acheminement des appels dont le numéro a été usurpé et vérifier le respect des obligations d'authentification des numéros d'appelant prévues par la loi”, précise le régulateur.