Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

Acte III de la mobilisation contre la cherté de la vie : les commerçants du centre-ville de Lyon au bord du gouffre

"Comment va-t-on faire si cela dure jusqu'à Noël ?", se demandent les commerçants. [© Romain Doucelin / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

À Lyon, les commerçants du centre-ville voient leurs clients déserter le samedi, jour traditionnellement le plus lucratif. À la veille d'un nouveau samedi à risque, entre mobilisation et Halloween, certains engagent des vigiles pour toute la nuit et s'interrogent sur leur avenir jusqu'à Noël.

À Lyon, les commerçants de la presqu'île, le cœur commerçant de la ville, abordent un troisième samedi consécutif sous tension. La France doit vivre l'acte III de la mobilisation contre la vie chère et les festivités d'Halloween, avec un risque de troubles à l'ordre public jugé "très élevé" par les autorités. 

Dans les centres-villes, de nombreux commerçants se barricadent face aux risques de dégradations et de pillages, tout en voyant leur chiffre d'affaires s'effondrer à l'approche de Noël.

"Zéro client", des samedis désertés

José, propriétaire d'un magasin de vêtements pour hommes à deux pas de la place Bellecour, explique que ces deux derniers samedis, perturbés par les manifestations et les émeutes, ont fait peur aux clients. "Deux samedis de suite avec zéro client, ça a un gros impact. C'est 5.000 euros en moins par samedi, c'est énorme. On a nos échéances à payer, nos fournisseurs, nos loyers, nos charges. Quand il va falloir payer, on ne sait pas comment on va faire. Ça va être très compliqué."

Même constat chez Katia, dans son magasin de vêtements et de déco. "Les samedis, il n'y a personne, aucun client, c'est désert. C'est la journée du commerçant, là où on fait le plus gros chiffre. Mais là, c'est divisé par trois ou quatre", explique-t-elle. Installée depuis peu, elle dit être "assez inquiète pour la suite", n'ayant "pas encore de trésorerie".

Des vigiles toute la nuit

Malgré l'interdiction des rassemblements dans le secteur décidée par la préfecture, le pire est annoncé samedi en journée, mais aussi en soirée avec Halloween. Stéphane, gérant d'une boutique de literie, a prévu de rester éveillé toute la nuit. "On va rester dans la rue devant les boutiques pour protéger l'ensemble de ce qu'on peut protéger. On a suivi les préconisations du préfet, c'est-à-dire qu'on a pris, en plus, de la sécurité privée, des vigiles professionnels dont c'est le métier."

"De toute façon, on sait que c'est quand le soleil se couche, vers 19h-20h, que les problèmes commencent et que les bandes de pilleurs sillonnent les rues du centre-ville. Donc on a pris les vigiles toute la nuit, et nous aussi, on sera là toute la nuit."

Prêts à se défendre contre d'éventuels pilleurs, ces commerçants s'interrogent déjà sur la suite. "Mais comment va-t-on faire si cela dure jusqu'à Noël ?", se demande Stéphane, très inquiet.