Acte 44 des "gilets jaunes" : 1.800 manifestants à Nantes, 35 interpellations

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© LOIC VENANCE / AFP
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Près de 1.800 personnes ont manifesté à Nantes, et 400 à Lyon, pour le 44ème acte du mouvement. Des arrestations et des saisies de cocktails molotov ont eu lieu.

Quelque 1.800 personnes défilaient samedi dans le centre de Nantes, selon la police, à l'occasion de "l'acte 44" du mouvement des "gilets jaunes", donnant lieu à des heurts entre policiers et manifestants. Parmi elles, 35 personnes ont été interpellées, selon la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP), qui a fait état de cinq blessés chez les forces de l'ordre. 

De nombreux commerces et abribus ont été dégradés, des poubelles et un transformateur incendiés. Au moins deux manifestants ont été blessés, a constaté l'AFP.

Les manifestants, dont très peu arboraient le gilet fluorescent, sont partis de l'ouest cossu de la ville pour rejoindre le centre, où la situation a rapidement dégénéré, donnant lieu à des tirs de projectiles, auxquels la police a répondu par des jets de grenades lacrymogènes.

Vingt-deux cocktails molotov et dix mortiers ont également été découverts à proximité du point de rassemblement, dans l'ouest cossu de la ville, tandis qu'une centaine de parapluies et un extincteur ont été saisis, selon la police. Les manifestants s'étaient rassemblés vers midi pour un pique-nique place Mellinet, à 14 heures, heure de départ de la manifestation non déclarée, a constaté une journaliste de l'AFP.

L’ombre de Steve Maia Caniço

"Justice pour Steve, ni oubli ni pardon", pouvait-on lire sur les pancartes. Dans le cortège, les manifestants ont scandé "Tout le monde déteste la police", ou "La police mutile, la police assassine". Le cortège s'est ensuite dirigé vers le centre-ville et la police a fait usage de grenades lacrymogènes.

Différents groupes de "gilets jaunes" ont appelé à un rassemblement national à Nantes pour relancer le mouvement près d'un an après ses débuts, dans une ville marquée par la mort de Steve Maia Caniço, cet animateur de 24 ans qui avait disparu le soir de la Fête de la musique après une intervention policière controversée. Son corps a été retrouvé cinq semaines plus tard dans la Loire.

400 manifestants à Lyon, malgré l'interdiction

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a pris vendredi une première sanction en annonçant la mutation du commissaire divisionnaire chargé de l'intervention. L'Inspection générale de l'administration (IGA) avait estimé dans son rapport que ses décisions avaient "manqué de discernement".

À Lyon, quelque 400 manifestants, dont beaucoup ne portaient pas de gilets jaunes, se sont rassemblés à la mi-journée place Bellecour, bravant l'interdiction de la préfecture, qui avait défini trois périmètres prohibés aux manifestations non déclarées samedi, dont le centre-ville. Mobilisées en nombre, les forces de l'ordre avaient déjà procédé en début d'après-midi à "9 interpellations pour attroupements illégaux en vue de commettre une infraction et port d'armes illégal", selon la préfecture. De brefs heurts ont éclaté et onze personnes ont été interpellées, selon la préfecture.