À Trappes, "beaucoup de choses sont faites, mais ce n'est pas suffisant"

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Europe 1 s'est rendu à Trappes où Marlène Schiappa installe son cabinet pendant trois jours, pour prendre le pouls d'une ville qui tente de se métamorphoser, tout en faisant face à de nombreux défis.
REPORTAGE

Marlène Schiappa délocalise son ministère à Trappes. Pendant trois jours, la secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes emmène son cabinet dans cette commune emblématique des Yvelines. Dans cette ville de 30.000 habitants, on craint que des sujets graves tels que la radicalisation fassent oublier le dynamisme et le travail réalisé quotidiennement par le très large tissu associatif.

Des initiatives à pousser. Depuis plusieurs années, les Trappistes s'organisent pour changer l'image de la ville. Une équipe de football féminine a par exemple été créée il y a trois ans, et cette initiative n'allait pas forcément de soi. À la différence des garçons, les filles ont dû faire face à des regards et des remarques. Rose-Laure, 17 ans, a par exemple essuyé des réflexions dans le bus, alors qu'elle était en tenue. "Je suis montée dans le bus, le chauffeur m'a regardée et m'a dit avec un air choqué : 'Tu fais du foot, toi ?' Comme si c'était réservé exclusivement aux garçons. C'était nul", rapporte-t-elle. 

Les atouts du sport et de la culture. Malgré ces réticences, les mentalités ont commencé à changer. L'Etoile sportive de Trappes est devenue le premier club des Yvelines, avec plus de 1.000 licenciés, dont 150 féminines. L'emblématique président d'honneur, Mustapha Larbaoui, pharmacien à Trappes, en a fait un outil pédagogique. "Il y a eu un vrai changement dans le comportement des jeunes. Les parents le disent. À l'école, on nous le fait savoir aussi. C'est consubstantiel au sport et à la culture. C'est juste qu'il n'y en avait pas suffisamment", observe-t-il au micro d'Europe 1.

Autres vecteurs de lien social et d'épanouissement pour les jeunes : les matches d'improvisation, qui ont révélé Djamel Debbouze, mais aussi la pépinière d'entreprises, située au cœur de la ville.

Des changements encore insuffisants. Toutefois, on observe une ombre au tableau, la "face cachée" de la ville, glissent certains Trappistes : entre 50 et 100 habitants radicalisés auraient cherché à rejoindre la Syrie. "Tout ne va pas bien, mais tout ne va pas mal. Beaucoup de choses sont faites à Trappes, mais ce n'est pas suffisant", estime Aïcha Akafou, présidente d'une association de prévention auprès des jeunes. Elle s'adresse directement à la secrétaire d'Etat : "Madame Schiappa, faites quelque chose pour la ville de Trappes, en essayant par exemple de faire en sorte que tous les enfants de Trappes soient à l'égal des enfants des villes".

Manuel Valls, François Hollande, Gérard Collomb… La militante a déjà vu beaucoup de politiques défiler dans sa ville, étrangement devenue, selon elle, très à la mode.

Europe 1
Par Justin Morin, édité par A.H.