À Lourdes, des victimes de pédophilie réclament des "actes" après une rencontre "historique" avec les évêques

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Les évêques de France étaient réunis à Lourdes.
Les évêques de France étaient réunis à Lourdes. © ERIC CABANIS / AFP
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Des victimes de pédophilie rencontraient samedi les évêques de France. Si aucune mesure concrète n'a été annoncée, l'épiscopat a promis la "tolérance zéro". 

Pour la première fois, des victimes de pédophilie dans l'Église ont rencontré samedi les évêques de France réunis à Lourdes et attendent désormais "des actes" forts de l'épiscopat, qui a promis la "tolérance zéro" sans toutefois annoncer de nouvelle mesure concrète.

"Nous continuerons à bousculer l'Église", affirme une victime. "C'est un jour historique, avec une considération de la parole inédite", s'est félicité une de ces victimes, Olivier Savignac, qui était samedi l'invité d'Europe 1, après la rencontre avec des prélats qui a pris la forme de petits groupes de travail, à huis clos, et s'est conclue par une conférence de presse commune. "Maintenant on attend des actes, à court, moyen et long terme (...) Nous continuerons à bousculer l'Église s'il le faut", a-t-il mis en garde.

Renforcer la prévention au catéchisme. Abus "spirituel", cas anciens ou prescrits, prévention, aspects judiciaires ou canoniques ont été abordés lors de ces petits comités. Mais très peu d'annonces concrètes en sont ressorties côté épiscopat, hormis l'idée de renforcer la prévention notamment au catéchisme, comme l'a souligné Mgr Luc Crépy, l'évêque chargé des questions de pédophilie au sein de la CEF, lors de la conférence de presse.

Selon lui et deux autres prélats, tous les évêques, y compris ceux accusés de non-dénonciation d'agressions pédophiles comme le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, ont participé à ces forums et "des choses fortes" ont été dites.

Peu avant, Mgr Crépy avait estimé que ces rencontres n'étaient "pas un aboutissement" mais "un début", l'idée étant de réussir à mettre en place "la tolérance zéro".

Pour le président de la CEF Mgr Georges Pontier, "il y a eu la prise de conscience" qu'il fallait "travailler avec les victimes" alors qu'"avant ce n'était pas dans la tête de tout le monde". En ouvrant les travaux du "parlement" de la CEF samedi matin, il avait dit sa détermination à réparer "la blessure" des victimes, devant les quelque 120 évêques réunis dans l'hémicycle Sainte-Bernadette du sanctuaire marial.

Un fonds d'indemnisation à l'étude. Jusqu'à jeudi, le parlement de la CEF va également évoquer la possibilité de faire appel à "un groupe d'experts indépendants, historiens et d'autres compétences" pour faire la lumière sur les abus sexuels dans l'Église par le passé, a confirmé Mgr Pontier. Cette idée, pour aboutir, doit cependant faire l'objet d'un vote, lequel n'était pas acquis samedi soir.

L'idée d'un "fonds d'indemnisation", notamment pour les faits prescrits, est aussi, selon Mgr Crépy, "une question en débat" au sein des évêques. "On a étudié un peu ce qui se fait en Belgique, en Allemagne, en Suisse", des pays qui ont mis en place "non pas un fonds d'indemnisation, mais un geste financier, qui traduit à la fois la reconnaissance que la personne a été victime, mais aussi (...) un geste de solidarité", a-t-il expliqué.