Le maire de Marseille tire la sonnette d'alarme : la consommation de crack explose dans la ville. Benoît Payan réclame donc un plan d'urgence interministériel. Un courrier vient d'être adressé à Sébastien Lecornu sur le sujet. Une situation qui concerne également le nord et la ville de Lille.
Pouvoirs publics impuissants, riverains désarçonnés, personne ne semble en mesure d'endiguer le phénomène. Le quartier Moulin, situé en face d'un hôpital, à la sortie du métro, vit au rythme des guetteurs installés sur des canapés et des rochers.
Le trafic de cocaïne et d'héroïne a investi le quartier et fait subir des va-et-vient réguliers devant des habitants et des patients du centre hospitalier désabusés. "Il y a beaucoup de squatteurs et de points de deal. Des personnes qui sont droguées et qui crient. Ils insultent les gens. Ça me fait peur", témoigne une riveraine. Un sentiment d'insécurité quotidien. "Je pense que malheureusement, ça s'amplifie", ajoute un habitant.
Une nouvelle plaque tournante
Lille est devenue une plaque tournante de la drogue, en raison de sa proximité avec la Belgique et les Pays-Bas. Plus de consommateurs et, par conséquent, plus de points de deal, déplore Jean-Claude Menaud, adjoint au maire en charge de la sécurité.
"Il y a un sentiment d'impuissance parce qu'on ne veut pas y mettre les moyens. La loi sur le narcotrafic, c'est bien, mais c'est une loi qui traite les narcotrafiquants, c'est-à-dire le haut du spectre. Mais dans les quartiers qui sont les nôtres, c'est le bas du spectre qui gangrène les secteurs et qui trouble la vie des gens", exprime-t-il.
Au-delà des lois, c'est une présence policière qu'attend l'élu. "Ce qu'on réclame, c'est une présence permanente, et pas des opérations de communication temporaires qu'il a pu y avoir ces dernières années", conclut-il.