Au 5 mars, la France a dépassé ses réserves en CO2... pour l'année

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En 2020, la France devrait émettre quelque 450 millions de tonnes de CO2. (Image d'illustration) 1:10
En 2020, la France devrait émettre quelque 450 millions de tonnes de CO2. (Image d'illustration) © AFP
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Ce jeudi 5 mars, la France a officiellement dépassé la limite de 80 millions de tonnes de CO2 émis, selon un calcul a été réalisé par le cabinet de conseil Carbone 4 pour quatre associations. Or, il s'agit du seuil que le pays est censé ne pas dépasser sur une année entière d'ici 2050 pour atteindre la neutralité carbone.

Les ONG environnementales avaient inventé le jour du "dépassement" pour alerter sur la crise climatique, date à laquelle nous avons consommé l'ensemble des ressources que la Terre peut produire en une année. Or, voici une nouvelle alerte : le jour du "dérèglement". À compter du jeudi 5 mars, La France aura émis le CO2 auquel elle avait droit pour l'année entière. Ce calcul a été réalisé par le cabinet de conseil Carbone 4 pour quatre associations, Notre affaire à tous, Greenpeace France, la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme (FNH) et Oxfam France, qui ont notamment attaqué en justice l’Etat pour inaction climatique.

Un découvert symbolique

C'est exactement comme si nous avions un budget de 1.000 euros pour l'année, mais que nous avions dépensé ces 1.000 euros dès le 5 mars. Il ne nous reste plus rien jusqu'au 31 décembre, ce qui va nous obliger à vivre à découvert. Avec ce découvert symbolique, les ONG veulent démontrer que la France est encore très loin d'atteindre la neutralité carbone en 2050. C'est-à-dire émettre la quantité de CO2 que la Terre est capable d’absorber, pas plus. La France devrait ainsi émettre quelque 450 millions de tonnes de CO2 en 2020, quand l’objectif annuel qu’elle s’est fixé d’ici trente ans est de 80 millions.

Pour agir et revenir sur les rails, il faudrait commencer par utiliser beaucoup moins de voitures individuelles, notamment en ville. Mais également faire baisser drastiquement nos dépenses de chauffage, donc isoler les maisons, les appartements, les bureaux et, enfin, passer à une agriculture moins intensive.

Europe 1
Par Virginie Salmen, édité par Romain David