A Bourges, choisie pour l'acte 9 des "gilets jaunes", "on veut limiter le risque" de violences

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La ville de Bourges pourrait être l'épicentre de l'acte de 9 de la mobilisation des "gilets jaunes".
La ville de Bourges pourrait être l'épicentre de l'acte de 9 de la mobilisation des "gilets jaunes". © Capture d'écran Google Maps
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Choisie pour sa position géographique centrale en France, la préfecture du Cher se prépare à l'arrivée de "gilets jaunes" samedi, sans vraiment savoir ce qui va se passer.
REPORTAGE

Une ville "symbolique" au centre de la France. Éric Drouet a lancé un appel pour un rassemblement national des "gilets jaunes" à Bourges, samedi, pour l'acte 9 de la mobilisation. Il a été relayé par d'autres figures de la contestation, comme Priscillia Ludosky ou Maxime Nicolle. Vendredi matin, environ 2.700 personnes avaient indiqué sur Facebook leur participation, avec 13.000 utilisateurs intéressés, à cette manifestation jugée "illégale" par la préfecture du Cher.

Les horodateurs comme projectiles ? Sur place, on ne sait pas trop à quoi s’attendre, à la veille d'un rassemblement différent des actes organisés par les "gilets jaunes" à Paris. "On n'a pas des grandes avenues, on n'a pas de Champs-Élysées", constate Pascal Blanc, maire de la ville.

"Mais effectivement, plusieurs milliers de manifestants peuvent poser des problèmes d'organisation et de sécurisation. Il faut limiter le risque : certains jardins seront fermés et on est en train de démonter le mobilier urbain et les corbeilles de rue. Ce sont des horodateurs qui pourraient servir de projectiles", détaille l'édile.

Vendredi matin, la préfète du Cher a affirmé qu'elle allait interdire toute manifestation des "gilets jaunes" à Bourges, samedi. "Ce que je vais interdire par arrêté que j'ai signé et qui va être publié, c'est toute manifestation dans le centre-ville, le centre historique" pour permettre "la déambulation qui se veut pacifique avec notamment la CGT, de circuler en dehors, sur les boulevards qui entourent la ville", a déclaré Catherine Ferrier sur BFMTV.

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"Troisième samedi de l'année" pour les commerçants. Le trajet supposé du cortège devrait éviter les petites rues pavées et les boutiques du centre-ville. "Il ne faut pas psychoter non plus", tempère donc Stéphane Jacquet, président des commerçants. "On a suivi une ligne directrice comme quoi on allait tous ouvrir." Malgré tout, "ce samedi des soldes, c'est quand même le troisième plus gros samedi de l'année. Pour certaines boutiques, ce n'est juste pas possible de fermer", insiste-t-il.

Ouverture exceptionnelle le dimanche. Mais quel est l'intérêt d'ouvrir si les clients ne viennent pas, s'interrogent les commerçants ? "On a beaucoup de commandes pour samedi qui ont été annulées et décalées à vendredi", indique Annick Leboeuf, bouchère. On va peut-être travailler samedi matin, et encore très peu, mais pas l'après-midi." Pour essayer de compenser un éventuel manque à gagner, les commerçants berruyers pourront exceptionnellement ouvrir dimanche.