Roms : Bruxelles observe Paris

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avec Isabelle Ory , modifié à
La Commission européenne a des doutes sur la légalité des expulsions décidées par la France.

La France a expliqué mardi devant la Commission européenne sa politique controversée d'expulsions de Roms dans leurs pays d'origine, notamment la Roumanie. Venus en avocats de la politique française à l'égard des Roms, le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes Pierre Lellouche et le ministre de l'Immigration Eric Besson ont affirmé devant l'exécutif européen que ces renvois respectaient "scrupuleusement" le droit européen.
Sans jamais critiquer explicitement la politique française, la Commission a invité plusieurs fois Paris à respecter les règles européennes sur la liberté de circulation et la liberté d'établissement dans l'Union.

Les explications de Pierre Lellouche et Eric Besson n’ont pas suffi. Bruxelles veut encore des clarifications. D’autres réunions sont donc prévues cette semaine. La Commission n’exclut pas de déclarer illégaux certains aspects de la politique françaises. Cela pourrait conduire à une poursuite du dialogue comme l’ouverture d’une procédure devant la justice européenne.

La Roumanie s’interroge

Les commissaires européennes chargées de la Justice et des Affaires intérieures, Viviane Reding et Cecilia Malmström ont reçu après les ministres français, le numéro deux de la diplomatie roumaine. Bogdan Aurescu a estimé de son côté que les arguments sécuritaires invoqués par la France pour tenter de justifier les renvois de Roms n'étaient "pas valides".

"J'ai demandé à la Commission européenne de vérifier si ces rapatriements volontaires le sont vraiment, compte tenu des circonstances entourant les évacuations successives des campements, jusqu'à ce que les personnes en question soient obligées d'accepter l'offre de retourner dans leur pays en échange d'une somme d'argent", a précisé Bogdan Aurescu.