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Artémis 2 : à quoi sont soumis les corps des astronautes à plus de 400.000 km ?

Les astronautes américains Christina Koch, Victor Glover et Reid Wiseman, ainsi que le Canadien Jeremy Hansen à bord du vaisseau Orion. [AFP PHOTO / NASA]

Les quatre astronautes de la mission Artémis 2 vont voler, ce lundi 6 avril, autour de la Lune et découvrir sa phase cachée. Un spectacle inédit aux yeux de l'humanité depuis 1972, qui contraste avec une autre menace invisible dans le vide spatial : les radiations. Car sans atmosphère terrestre, les scientifiques vont recevoir une dose équivalente à plusieurs milliers de radios pulmonaires.

Aussi impressionnante et majeure soit elle, la mission Artémis 2 est une source de dangers à chaque instant. Aujourd'hui, les quatre astronautes vont enfin tourner autour de la Lune, une première depuis 1972, allant jusqu'où aucun humain n'est jamais allé, au-delà la face cachée du satellite, situé à plus de 400.000 kilomètres de notre sol.

En effet, sans atmosphère pour les protéger, les trois Américains et le Canadien à bord du vaisseau spatial Orion sont soumis à des radiations largement plus élevés que sur la Terre. Pour exemple, à une distance mille fois moins élevé, à bord de la Station spatiale internationale (ISS), les personnes à bord reçoivent 100 à 200 fois plus de radiations que sur la Terre.

La ceinture de Van Allen, un véritable nuage radioactif

Mais pour rejoindre notre célèbre satellite, le vaisseau spatial Orion a dû traverser une zone bien plus dangereuse encore, la ceinture de Van Allen. Cette zone, divisée en deux parties, est un véritable nuage de protons à haute énergie provenant du vent solaire et du rayonnement cosmique qui reste encore piégé par le champ magnétique terrestre.

Ainsi, en 700 km et 10.000 kilomètres d'altitude par rapport à la Terre, les radiations sont telles que des astronautes sans protection ni blindage ne survivrait pas après quelques minutes. Au-delà, jusqu'à 65.000 kilomètres, cette zone est constituée d'électrons également à haute énergie, mais moins dangereuse pour les organismes.

Heureusement, la Nasa avait largement prévu cette problématique. Ainsi, grâce à une vitesse supérieure à 25.000 km/h, l'équipage a traversé la première phase de la ceinture de Van Allen en une vingtaine de minutes.

Une surveillance renforcée

Mais pour les plus de 300.000 kilomètres restant jusqu'à la Lune, les astronautes et les équipes à Houston doivent rester attentif aux vents solaires.

"Une exposition totale trop élevée au cours de la vie peut contribuer à un risque accru de développer un cancer ou des troubles de santé susceptibles d'altérer les fonctions cognitives et les performances. Durant la mission Artemis II, la NASA s'efforcera de minimiser ce risque", indique l'agence américaine sur son site internet. "Nous nous concentrerons sur l'analyse en temps réel de la météorologie spatiale, en privilégiant les particules énergétiques solaires et les événements susceptibles de les produire", a ainsi déclaré Mary Aronne, responsable des opérations du bureau d'analyse de la météorologie spatiale du Centre de vol spatial Goddard de la NASA à Greenbelt, dans le Maryland.

Pour suivre les éruptions solaires, la NASA va exploiter en temps réel des sondes d'observation déjà réparties dans notre système solaire et des satellites. De plus, à bord du vaisseau Orion, six capteurs de radiation permettent aux analystes de mesurer les niveaux de radiation. Enfin, les astronautes portent avec eux des dosimètres actifs individuels.

L'équivalent d'un mois à bord de l'ISS en 10 jours de voyage

Des seuils d'alerte ont été définis et font l'objet d'une surveillance constante. Si jamais ceux-ci sont franchis, les astronautes seront amenés à réorganiser la cabine en plaçant de la matière sur les zones les plus exposées. Car dans l'espace, les radiations ralentissent grandement en faisant face à la matière. Pour exemple, l'eau est un des éléments qui permettent le mieux d'affronter une radiation trop élevée.

Au total, l'exposition cumulée aux rayonnements lors de ce voyage de 10 jours "devrait être comparable à un séjour d'un mois à bord de la Station spatiale internationale, soit environ 5 % de la limite d'exposition d'un astronaute durant sa carrière", fixé à 600 millisieverts soit l'équivalent de 100.000 radios pulmonaires. Si un astronaute dépasse ce seuil (ce qui n'est jamais arrivé), il ne pourra plus aller dans l'espace.