Les cas autochtones de virus du Nil occidental (ou West Nile) approchent les 200 dans l'Hexagone depuis début mai, parmi lesquels six décès, selon un bilan ce mercredi de Santé publique France, encore prudente sur le lien de cause à effet entre l'infection et ces morts.
Au 19 octobre, "195 cas autochtones d’infection à virus West Nile", soit 17 de plus par rapport à la semaine précédente, "ont été identifiés en France hexagonale", indique son bulletin hebdomadaire sur la surveillance renforcée des arboviroses.
C'est plus du triple que sur toute l'année 2025, déjà record avec 62 cas autochtones de cette infection transmise par le moustique Culex de début mai à fin novembre.
Parmi les 195 patients infectés, 160 ont présenté des symptômes. Parmi ces derniers, 76 ont eu des formes neurologiques, dont six sont décédés, détaille Santé publique France (SpF), précisant toutefois que les données disponibles à ce stade ne permettent pas d'attribuer avec certitude ces décès au virus West Nile.
Des maladies transmises par des moustiques
Chikungunya, dengue, Zika, West Nile : "ces nouvelles maladies, transmises par les moustiques, sont la plupart du temps bénignes, mais il va falloir les surveiller de plus près" et "re-sensibiliser les professionnels de santé" à leur sujet, a déclaré Étienne Pot, directeur général de SpF, début octobre lors d'une audition au Sénat le 7 octobre précédant sa nomination.
"Pour être très honnête, moi en tant que médecin, on ne m'a jamais appris à la fac qu'il y avait du West Nile", a-t-il glissé. Longtemps concentrée autour de l'arc méditerranéen, la circulation du virus du Nil occidental, transmis à l'homme par des moustiques Culex s'étant nourris du sang d'un oiseau contaminé, ne cesse de s'étendre.
Généralement sans symptôme ou à l'origine d'un état grippal, cette infection peut entraîner dans environ 1% des cas de graves complications neurologiques, parfois mortelles, surtout chez des personnes âgées ou immunodéprimées. Il n'existe actuellement ni vaccin commercialisé pour les humains, ni traitement préventif.
2026 marque aussi un nouveau record en Europe, avec plus de 1.900 cas de virus du Nil occidental dans 19 pays, Italie et Grèce en tête, selon le dernier bilan du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).
Ce virus avance progressivement vers le nord de l'Europe, notamment sous l'effet du réchauffement climatique.
Quant au chikungunya et à la dengue, transmis par des moustiques tigres, la France hexagonale a connu 190 cas autochtones depuis début mai, principalement de la première infection.
Cumulé à la mondialisation et à l'urbanisation, le réchauffement climatique a facilité l'implantation du moustique tigre hors des régions tropicales et subtropicales où il était endémique.