Le moustique tigre n'est plus le seul réseau de transmission à surveiller. Cet été, le virus du Nil occidental gagne du terrain en France métropolitaine, véhiculé par le moustique classique. Santé publique France recense 39 cas, soit 9 de plus en une seule semaine.
Le virus du Nil occidental progresse, et inquiète. 39 cas ont ainsi été recensés en France. Pour contracter ce virus, une seule piqûre de moustique suffit, si celui-ci a été contaminé par un oiseau.
Une fois transmis à l'Homme, dans 80 % des cas, l'infection passe totalement inaperçue. Pour les 20 % restants, les symptômes s'apparentent généralement à une grippe classique, bien que des complications plus graves puissent survenir chez les personnes fragiles.
"Il y a à peu près 1 % des gens qui font des formes neurologiques qui peuvent notamment attaquer le cerveau. Dans ces cas-là, il peut y avoir des troubles soit du comportement — des gens deviennent bizarres, voire des paralysies ou bien des troubles de la vigilance", détaille Pierre Tattevin, médecin et professeur en maladies infectieuses au CHU de Rennes.
De plus en plus de cas autochtones
L'augmentation des températures joue un rôle clé dans cette dynamique. La chaleur favorise directement la propagation du virus chez l'insecte, tandis que les étés prolongés et les hivers doux étendent son territoire d'action.
Résultat : les contaminations ne sont plus uniquement importées lors de séjours à l'étranger, mais surviennent désormais directement en France métropolitaine. "On commence à voir des moustiques infectés sans avoir besoin d'aller voyager. On se rend bien compte qu'avec un tel changement dans le climat, la répartition des animaux mais aussi des vecteurs comme les moustiques change beaucoup", constate le professeur Pierre Tattevin.
En l'absence de vaccin ou de traitement préventif disponible pour l'Homme, la prévention reste le seul rempart. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande d'éliminer rigoureusement toutes les zones d'eau stagnante autour des habitations pour limiter la prolifération des larves.