Urgences : Agnès Buzyn bat le rappel au ministère pour lancer sa "mission nationale"

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"L'idée c'est qu'on cherche ensemble des solutions pour améliorer le fonctionnement des urgences, parce qu'on voit bien qu'aujourd'hui, elles sont totalement inadaptées aux besoins de la population", a affirmé la ministre
"L'idée c'est qu'on cherche ensemble des solutions pour améliorer le fonctionnement des urgences, parce qu'on voit bien qu'aujourd'hui, elles sont totalement inadaptées aux besoins de la population", a affirmé la ministre © KENZO TRIBOUILLARD / AFP
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Après trois mois de grève, la ministre de la Santé lance sa "mission nationale" pour "améliorer le fonctionnement des urgences" qui "sont totalement inadaptées aux besoins de la population".

Après trois mois de grève dans les services d'urgences, Agnès Buzyn réunit vendredi matin les médecins, infirmiers, syndicats et directeurs hospitaliers au ministère de la Santé pour lancer la "mission nationale" annoncée la semaine dernière.

Agnès Buzyn "ouvrira la première réunion de cette mission" à 10 heures, aux côtés du député LREM Thomas Mesnier, urgentiste de formation, et du Dr Pierre Carli, président du Conseil national de l'urgence hospitalière et chef du Samu de Paris, a indiqué le cabinet de la ministre de la Santé. Une cinquantaine de participants ont été conviés, dont les cinq principaux syndicats des hôpitaux publics (CGT, FO, CFDT, SUD, Unsa), les trois grandes fédérations d'établissements (FHF, FHP, Fehap), l'Ordre des médecins et celui des infirmiers.

"Améliorer le fonctionnement des urgences"

L'emblématique Patrick Pelloux, président de l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf) sera également présent, ainsi que deux membres du collectif Inter-Urgences, à l'origine du mouvement parti de la capitale mi-mars et qui n'a cessé de s'étendre depuis : selon cette coalition informelle, 101 services étaient en grève jeudi. "L'idée c'est qu'on cherche ensemble des solutions pour améliorer le fonctionnement des urgences, parce qu'on voit bien qu'aujourd'hui, elles sont totalement inadaptées aux besoins de la population", a affirmé Agnès Buzyn jeudi après une visite impromptue aux urgences d'un hôpital parisien au cours de la nuit.

Le conflit a franchi un palier fin mai, lorsque des soignants de Lons-le-Saunier, dans le Jura, ont été réquisitionnés à leurs domiciles pour pallier l'absence de leurs collègues en arrêt maladie. Depuis, des équipes entières se sont fait porter pâle à Paris et à Bordeaux. La semaine dernière, Angès Buzyn avait tenté de désamorcer la crise en promettant une "stratégie d'ensemble" incluant la mission, ainsi que des primes pour les personnels et des crédits pour les travaux nécessaires.
Des mesures aussitôt jugées "insuffisantes" par les professionnels concernés, qui réclament davantage d'effectifs et de lits d'hospitalisation pour désengorger les urgences.

Ces sujets devraient aussi être évoqués lors de la traditionnelle "réunion préparatoire" en vue d'une éventuelle canicule estivale, qui se tiendra "la semaine prochaine" avec "toutes les parties prenantes", a indiqué Agnès Buzyn jeudi.
"Il y a des solutions concrètes pour soulager les urgences", a de son côté estimé le directeur de l'AP-HP, Martin Hirsch, jeudi dans une interview au quotidien les Echos en ligne, en évoquant notamment le développement de "centres de soins non programmés, reliés à un hôpital".