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«Un niveau de preuve insuffisant» : la psychanalyse n'est clairement pas recommandée face à l'autisme selon la HAS

[Daniel Dorko / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

La Haute autorité de santé a franchi un cap en classant officiellement la psychanalyse parmi les thérapies “non recommandées” pour la prise en charge de l’autisme, faute de preuves scientifiques suffisantes. Une position inédite qui ravive les tensions sur les pratiques thérapeutiques en France.

La Haute autorité de santé (HAS) a annoncé jeudi que la psychanalyse est désormais considérée comme une approche “non recommandée” dans le traitement de l’autisme, en raison d’un “niveau de preuve insuffisant”. Jusqu’ici qualifiée de “non consensuelle”, cette méthode est pour la première fois explicitement écartée au profit d’approches fondées sur des données scientifiques jugées plus solides. 

Dans ces nouvelles recommandations, la HAS précise qu’elle “ne retient que des approches fondées sur les données scientifiques rigoureuses”, estimant que les pratiques psychanalytiques ne reposent que sur “des études d’un niveau de preuve insuffisant”. L’autorité prône à la place des méthodes comportementales et développementales, à engager le plus tôt possible chez les enfants lorsqu’un trouble autistique est suspecté, même avant la confirmation du diagnostic. 

Des recommandations "opposables" 

Ces recommandations constituent la première refonte d’ampleur depuis 2012. L’autisme recouvre un ensemble très large de troubles, marqués notamment par des difficultés dans les interactions sociales et des comportements répétitifs ou obsessionnels. 

Cette prise de position intervient alors que le débat autour de la place de la psychanalyse en France, particulièrement dans le domaine du développement de l’enfant, s’est ravivé ces derniers mois. À l’automne, Lionel Collet, président de la HAS, avait relancé la discussion en se disant favorable à ce que certaines recommandations deviennent “opposables”, notamment dans le champ de l’autisme, ce qui impliquerait une forme d’obligation pour les professionnels. 

Une influence trop importante

Des organisations de soignants avaient alors dénoncé une atteinte à la “pluralité des approches”. Mais les associations de familles et de patients, très majoritairement favorables à l’exclusion de la psychanalyse, estiment au contraire que son influence reste trop forte dans la formation et la pratique des psychologues, alors même qu’elle ne démontre, selon elles, aucun bénéfice dans la prise en charge des troubles autistiques. 

De leur côté, de nombreuses organisations de psychologues et de psychiatres refusent de condamner globalement la psychanalyse, soulignant la difficulté d’évaluer scientifiquement les psychothérapies et l’importance de préserver la diversité des pratiques.