Comment lutter contre une transpiration excessive ?

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Invitée de l'émission "Sans rendez-vous", présentée par Mélanie Gomez sur Europe 1, la dermatologue Laurence Netter a livré ses solutions pour traiter l'hyperhidrose, forme excessive de transpiration.
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Certes, avoir des tâches de sueur sous les aisselles est inconfortable, voire gênant vis-à-vis des personnes autour de soi. Mais transpirer reste une réaction corporelle naturelle, quand ce n'est pas excessif, a rappelé mercredi Laurence Netter, dermatologue et invitée de l'émission Sans rendez-vous présentée par Mélanie Gomez sur Europe 1. La transpiration peut cependant devenir pathologique et mériter une consultation.

Pourquoi transpire-t-on ?

Selon la dermatologue, suer est essentiel pour maintenir une température d'environ 37°C pour le corps. "L'homme a besoin d'avoir une température à ce niveau pour protéger le cerveau", insiste Laurence Netter. "Quand cette température augmente, un message va arriver à l'hypothalamus, au centre du cerveau. L'hypothalamus va commander le fonctionnement des glandes sudorales. Ces glandes vont sécréter de la sueur, faite à 99% d'eau. Cette sueur va se mettre à la surface de la peau et c'est son évaporation qui va diminuer la température", explique-t-elle.

Ces glandes sont en outre de deux types, dit la dermatologue : les "eccrines", au nombre de quatre millions environ, couvrent l'ensemble du corps et essentiellement le visage, les paumes et les mains, tandis que les "apocrines" se trouvent plutôt au niveau des organes génitaux et des aisselles et sont à l'origine d'une sueur plus épaisse, odorante et stimulée par le stress.

Problème : dans certains cas, la transpiration peut être plus problématique. On parle alors d'hyperhidrose. "L'hyperhidrose, c'est le fait de trop transpirer sans rapport avec la température extérieure. Il y a des personnes qui arrivent au boulot l'hiver complètement trempées. Il y a un gros rôle du stress. Ça peut être généralisé ou beaucoup plus fréquemment localisé aux aisselles, aux mains ou aux pieds. Des gens perdent des litres d'eau", détaille Laurence Netter.

Quand faut-il consulter ?

Une consultation peut dès lors être nécessaire. "C'est important de consulter pour éliminer des hyperhidroses secondaires dues à la prise de certains médicaments, à un diabète ou à une hyperthyroïdie. Mais ce sont des diagnostics faciles à faire. Quand l'hyperhidrose est généralisée et surtout nocturne, il faut chercher une cause", indique la dermatologue qui prend l'exemple "d'un patient qui ne peut jamais enlever sa veste au travail" à cause "d'auréoles sous les bras" ou "d'une coiffeuse qui a toujours les mains trempées".

Consulter permettrait alors de briser un tabou, voire d'échapper à un retentissement psychologique important. "Ce sont des patients qui s'habillent toujours en noir, qui ne desserrent pas les bras, ne serrent pas le mains ou ne se mettent pas en nu-pieds l'été. Ils ou elles sont dans le contrôle de leur image et plus ils sont dans le contrôle, plus ils transpirent. Ça vient des glandes apocrines qui sont essentiellement stimulées par le stress, les émotions, la concentration. Dès que, inconsciemment, ils sentent la moindre humidité sous les bras ou le moindre microclimat chaud, ça les stresse. Le cercle vicieux est en route et ils sont trempés", raconte Laurence Netter.

Pour elle, il faut dans cette situation plutôt privilégier un rendez-vous avec un dermatologue, peut-être plus au fait du sujet qu'un médecin généraliste.

Quels traitements peuvent être choisis ?

Pour les patients souffrant d'hyperhidrose, l'utilisation d'un déodorant est souvent dérisoire. Selon la dermatologue, une solution consiste dans une injection de Botox sous les bras. "L'effet du produit va stopper la transmission des neurotransmetteurs et donc on ne transpire plus", décrit Laurence Netter. "L'avantage : ça marche avec tout le monde et on est complètement sec, quelle que soit la température. […] L'inconvénient : ça coûte cher et […] il faut le refaire tous les six mois pour un coût de 400 à 500 euros", poursuit-elle. Elle l'assure, aucun effet secondaire ne peut être ressenti pour une injection sous les bras. La thermorégulation ne serait pas non plus affectée.

Deuxième technique : avoir recours à une machine qui va chauffer la zone où l'on transpire de manière excessive. "Cette machine est agréée par la FDA (l'agence américaine des médicaments), elle s'appelle le Miradry. C'est une machine qui va utiliser des ondes [...] qui vont aller faire chauffer les glandes sudorales qui n'aiment pas du tout le chaud", explique Laurence Netter. Selon la dermatologue, le résultat consiste en une dégradation de la glande sudorale qui est ensuite éliminée par les glandes lymphatiques. "Aujourd'hui, on ne sait traiter que les aisselles avec cette technique. L'autorisation de mise sur le marché pour le torse et le thorax est prévue pour 2021", détaille-t-elle. Le coût du traitement ? "Autour de 2.000 euros", répond la dermatologue.

Enfin, une autre technique est conseillée par Laurence Netter pour les mains. il s'agit de l'ionophorèse. Cela nécessite l'achat d'un appareil, "qui coûte aux alentours de 300 à 400 euros", selon elle. "On plonge ces mains dans l'appareil. Pour avoir une efficacité de l’ordre de 70 à 80%, il faut une dizaine de séances que l'on fait chez soi", conclut-elle.

Europe 1
Par Jonathan Grelier