Qu'est-ce que la ROSP, cette prime pour les médecins généralistes bons élèves ?

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Cette prime doit être versée à quelque 60.000 médecins généralistes, ainsi récompensés pour avoir respecté en 2018 les consignes de l'Assurance maladie visant à réduire le déficit de la Sécurité sociale.

L'Assurance maladie veut récompenser les bonnes pratiques des médecins. Près de 60.000 généralistes vont recevoir une prime dans les prochains jours : la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP). Les médecins libéraux concernés pourront toucher plus de 4.500 euros avec la ROSP s'ils ont, en 2018, suivi les consignes de l'Assurance maladie. L'objectif est notamment de réduire le trou de la Sécurité sociale.

À en croire l'Assurance maladie, le docteur Ouroudji, installé à Saint-Ouen-l'Aumône dans le Val-d'Oise, fait partie de ces médecins vertueux. Sa prime s'élève à 6.900 euros pour avoir rempli plusieurs critères, détaillés dans un compte-rendu. "Certains des critères permettent de savoir si on a prescrit dans le répertoire des génériques ou pas. C'est une question de dépense. Peut-être que la ROSP a permis de convaincre certains médecins qu'il est vraiment indispensable de faire attention", explique-t-il auprès d'Europe 1. Et de nuancer aussitôt : "Quand on est en face de notre patient, on ne pense pas ROSP, enfin j'espère que mes collègues ne pensent pas ROSP…"

Orienter l’ordonnance à l'économie ou améliorer les pratiques médicales ? 

Cette somme influence-t-elle directement l’ordonnance du médecin ? Impossible de le constater dans les chiffres. En 2017, elle aurait toutefois permis d'éviter plus de 700.000 traitements antibiotiques. De son côté, le docteur Ouroudji y voit un moyen d’améliorer sa pratique. 

Il s'agit, par exemple, de mieux dépister le cancer du col de l’utérus, un critère mal noté au niveau national, principalement parce que les médecins manquent de temps, selon le docteur Ouroudji. Une consultation standard durant entre 15 et 20 minutes, le médecin, face à un malade venu pour un problème précis, comme une poussée de fièvre, ne pensera pas nécessairement à aborder la question de la prévention et du dépistage d'autres infections. "Parfois on y pense, parfois on n'y pense pas. C'est vrai que, étant seul dans un cabinet médical, sans aide, c’est assez compliqué, d'autant que le temps médical est de de plus en plus court", déplore le praticien.

Il effectue à lui seul le travail de six médecins, partis à la retraite sans être remplacés dans cette ville. La solution serait un assistant médical. Si la création de tels postes est inscrite dans la loi "Ma Santé 2022", leur financement est encore à l'étude au ministère de la Santé.

Europe 1
Par Aude Vernuccio, édité par Romain David