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Pourquoi Nutrition•pro renonce à des best-sellers assurés : les coulisses d'une marque qui dit non

[DR]

Dans l'industrie des compléments alimentaires, la règle du jeu est connue : repérer l'ingrédient qui monte sur les réseaux sociaux, le mettre en boîte au plus vite et surfer sur la vague tant qu'elle dure. Un réflexe si répandu que quelques tendances virales suffisent désormais à faire naître des dizaines de références en quelques semaines. Loin de cette agitation, une marque française a fait du refus un principe de fonctionnement. Chez Nutrition•pro, fondée en 2021 à Paris, il existe une liste de produits que les clients ne verront jamais : des best-sellers assurés, écartés en connaissance de cause.

Ces ingrédients stars des réseaux que la loi n'autorise pas

Le cas le plus emblématique est celui du tongkat ali. Portée par des millions de vues, cette racine asiatique vantée pour la vitalité masculine s'est hissée parmi les ingrédients les plus recherchés du moment. Problème : l'EFSA, l'autorité européenne de sécurité des aliments, a rendu en 2021 un avis défavorable, relevant un potentiel d'atteinte à l'ADN. Sa vente comme complément alimentaire n'est pas autorisée dans l'Union européenne. Il reste pourtant accessible en quelques clics sur des sites étrangers.

Même logique pour la fadogia agrestis et la turkesterone, promues pour la testostérone et la prise de muscle : aucun historique de consommation en Europe, un statut de nouvel aliment sans autorisation, des signaux de toxicité dans les études animales pour la première et une quasi-absence d'études humaines pour la seconde. La yohimbine, elle, est classée en France parmi les substances vénéneuses, donc interdite dans les compléments, ce qui ne l'empêche pas d'être présentée comme brûleur de graisses sur de nombreux sites. Quant aux extraits concentrés de cistanche popularisés en ligne, ils relèvent eux aussi du régime des nouveaux aliments, sans autorisation européenne à ce jour.

Face à ce périmètre, la position de Nutrition•pro est simple : refus systématique, y compris quand la demande explose et que la concurrence en ligne s'en empare.

Ce qui est toléré, mais que la prudence écarte

Le second cercle de refus est plus révélateur encore, car il concerne des ingrédients que la marque pourrait légalement vendre. Le garcinia cambogia, l'un des ingrédients minceur les plus demandés au monde, a fait l'objet d'alertes sanitaires répétées après des cas d'atteintes du foie. Nutrition•pro, qui consacre pourtant tout un univers à la minceur, a choisi de s'en passer.

Même arbitrage pour la synéphrine, stimulant classique des brûleurs de graisses : l'ANSES recommande d'en limiter strictement les doses et déconseille son association à la caféine, pourtant quasi systématique dans ce type de produits. Le best-seller minceur de la marque, l'Actifminceur®, a été volontairement formulé sans, en s'appuyant sur le thé vert, le guarana, la L-carnitine, la pipérine et la capsaïcine. Renoncer à ces deux ingrédients revient à laisser filer, chaque année, des volumes de vente considérables.

Ce qui se vend très bien, mais ne passe pas le filtre qualité

Le troisième cercle ne relève ni de la loi ni de la sécurité, mais de l'exigence. Le magnésium marin en est le meilleur exemple : son image naturelle en fait un argument commercial redoutable, mais il est essentiellement composé d'oxyde et d'hydroxyde de magnésium, des formes parmi les moins assimilables qui soient. La marque lui a préféré des formes hautement biodisponibles comme le bisglycinate, moins vendeuses sur l'étiquette, plus efficaces dans l'organisme.

Dans la même logique, on ne trouvera pas de gummies au catalogue, malgré le succès fulgurant de ce format bonbon : sucres ajoutés, dosages limités et stabilité des actifs incertaine. Ni de prétendu « collagène végan », qui n'existe tout simplement pas sur le plan biologique.

Pas contre les tendances, pour la preuve

Ce serait pourtant mal lire la démarche que d'y voir un rejet des modes. Le shilajit, autre phénomène viral des réseaux, figure bien parmi les produits phares de la marque : mais sous sa forme brevetée Primavie®, un extrait purifié et standardisé, étudié cliniquement. La ligne de partage n'est pas la popularité d'un ingrédient, c'est la solidité de son dossier scientifique.

Le fondateur Brian Gaillard fixe le cap sans détour : « On va chercher ce qui est vraiment efficace, pas ce qui fait vendre sur l'instant. » Derrière ce principe, un processus : plusieurs semaines de développement pour chaque formule, des dosages alignés sur la littérature scientifique, et l'analyse de chaque lot avant sa mise en vente. L'ensemble de la production est réalisé en France, avec quatre laboratoires partenaires, dans le respect des référentiels DGCCRF et HACCP.

Le refus comme garantie

Dans un marché saturé de promesses, la liste de ce qu'une marque refuse de vendre en dit finalement plus long que ses arguments commerciaux. Les consommateurs ne s'y trompent pas : ils sont aujourd'hui plus de 170 000 à faire confiance à Nutrition•pro, spécialiste français des compléments alimentaires. Une confiance qui se construit autant par ce qui entre dans les produits que par ce qui en est écarté.