LA QUESTION SEXO - Comment se remettre en selle après un divorce, à 50 ans ?

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Comment se remettre en selle, après un divorce, à 50 ans ?
Comment se remettre en selle, après un divorce, à 50 ans ? © Pixabay
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Dans l’émission "Sans Rendez-Vous" sur Europe 1, la sexologue Catherine Blanc répond à une auditrice de 50 ans. Elle vient de rencontrer un homme après son divorce et se sent ridicule face au pénis circoncis de son nouvel amant. 
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Comment se remettre en selle après un divorce, à 50 ans ? Comment faire face à la nouveauté ? Dans l’émission Sans Rendez-Vous sur Europe 1, Catherine Blanc, sexologue et psychiatre, répond à la question d'une auditrice qui se sent ridicule et qui a peur d'être maladroite face au pénis circoncis de son nouvel amant. Derrière cette crainte, se cache surtout une sexualité à réapprendre et des repères perdus.

La question de Françoise

"Divorcée après 25 ans de mariage, je viens de rencontrer un homme formidable. À 50 ans la sexualité ne devrait plus m’inquiéter. Pourtant, je n’ai aucun repère et me sens un peu ridicule car c’est la première fois que je sors avec un homme circoncis. J’ai peur d’être maladroite et de lui faire mal. Que faire ?"

La réponse de Catherine Blanc

"Tout d’abord, Françoise n’a pas perdu sa sexualité mais doit se remettre en selle, dans une relation de séduction, dans la découverte d’un nouveau corps et dans le face-à-face avec des yeux nouveaux et des mains nouvelles. Elle va se reconditionner, se reconsidérer. C’est fragilisant mais au bon sens du terme.

Derrière cette question, c’est très intéressant car il y a toujours cette idée que ce qu’on sait faire, il faut le répéter en boucle. 'J’ai eu un homme dans ma vie, j’en ai eu deux, trois, quatre : je connais le mode d’emploi'. Pour celle qui le connaît, il lui suffit de le répéter à l’infini. Ce qui extrêmement triste. Ce n’est pas prendre acte de la spécificité de chacun. Pour le coup, quand il y a un pénis différent, un circoncis par exemple, cela oblige à prendre en note qu’il est différent. C’est une très bonne chose.

C’est un peu comme revivre une seconde "première fois" ?

Exactement, c’est la magie de la découverte. Se dire 'tiens, mais c’est comme ça un pénis, tiens, mais il ne faut pas faire de mal, comment caresser, qu’est-ce que cet homme peut vouloir ?' Tous ses repères sont perdus. Quand elle caressait un pénis non circoncis, elle jouait de ce prépuce qui glisse sur le gland. Et là, tout à coup, cela va être sa main. Or une main peut être sèche contre un pénis qui n’est pas encore lubrifié. Donc, cela oblige à une nouvelle façon de le caresser, de le toucher, de le concevoir sans pour autant penser qu’il est en sucre.  

Évidemment, cela va bien se passer. On le saurait si cela ne se passait pas bien vu le nombre d’hommes circoncis pour raisons médicales, religieuses, ou esthétiques, sur la surface de la terre. Mais c’est déstabilisant : elle ne peut pas arriver forte de ses connaissances acquises. Et il faut se déshabiller avec ses 50 ans, il faut aborder un sexe autre. Elle a peur de faire mal comme si elle se sentait coupable.

La sexualité à 50 ans n’est-elle pas plus épanouie pour une femme ?

Si elle n’est pas rattrapée par l’angoisse de son vieillissement, ou des problèmes de pré-ménopause, ou de ménopause qui peuvent la déstabiliser, évidemment qu’à 50 ans, une femme est plus en tranquillité. Elle a bien sûr perdu ses repères de peau parfaite, de fermeté mais elle a gagné en connaissance, en humour sur elle-même. Ce qui fait notre sexualité, ce n’est pas l’adéquation parfaite du corps parfait, c’est notre tranquillité sur le sujet parce que nous sommes tranquilles envers nous-même. Il y a une vraie différence entre une jeune femme entrant dans la vie sociale et sexuelle et une femme qui a eu des bébés, qui a un boulot, qui a accompli des choses. Elles attendent moins que les hommes les rassurent par rapport à elles-mêmes. Donc elles sont plus généreuses, plus pro-actives. Une nouvelle relation à 50 ans, c’est un moment de grande ouverture. Et puis à 50 ans, c’est très facile de demander le mode d’emploi."

Europe 1
Par Catherine Blanc