La France, pays le plus sceptique au monde concernant les vaccins : "Il y a un manque de confiance vis à vis des autorités de santé"

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Un Français sur trois ne croit pas que les vaccins soient sûrs, selon une enquête mondiale publiée mercredi. Selon Odile Launey, infectiologue à l'hôpital Cochin à Paris, les causes de ce scepticisme sont multiples. 

C'est la patrie du pionnier de la vaccination. Et pourtant la France est le pays le plus sceptique vis à vis de cette pratique, selon une enquête mondiale publiée mercredi. Dans cette attitude de méfiance, la France est suivie par le Gabon, le Togo, la Russie et la Suisse.

"Les Français ne voient pas les bénéfices" des vaccins

D'après cette enquête mondiale réalisée par un cabinet d'étude américain pour l'ONG médicale britannique Wellcome, les habitants des pays riches sont ceux qui font le moins confiance aux vaccins, particulièrement en Europe. Dans l'hexagone, un Français sur trois ne croient pas les vaccins sûrs. L'écart est flagrant avec le Bangladesh ou le Rwanda, où la quasi-totalité de la population dit avoir confiance dans les vaccins.

Pour Odile Launey, infectiologue à l'hôpital Cochin, à Paris, ce scepticisme s'explique d'abord par le fait que les maladies contre lesquelles on vaccine en France ont maintenant beaucoup diminué. "Certaines ont même disparu - comme la variole - ou sont en voie de disparition - comme la polio", détaille la médecin au micro d'Europe 1. "Donc les Français ne voient pas les bénéfices et en voient essentiellement les risques".

Rumeurs et scandales sanitaires

Autre raison de cette méfiance, cette fois propre à la France : les rumeurs. En 1994, une large campagne de vaccination contre l'hépatite B avait fait naître des soupçons de lien avec la sclérose en plaques. Après plus de 17 ans d'enquête, les juges d'instruction parisiens ont rendu un non-lieu en mars 2016 en l'absence de "causalité certaine", sur laquelle insistent les scientifiques.

Mais certain nombre de scandales sanitaires, bien réels, comme le Médiator, l'affaire du sang contaminé ou plus récemment le Levothyrox, ont également affaibli la confiance des citoyens. "Il y a un manque de confiance vis à vis des autorités de santé et des risques que peuvent comporter les médicaments au sens large", note Odile Launey.

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Du mieux depuis 2018

Les autorités sanitaires françaises ont toutefois des raisons d'espérer que la situation s'améliore. Un sondage publié en avril montre que 91% des parents d'enfants de moins de deux ans pensent que la vaccination est importante, soit cinq points de plus qu'en juin 2018. En outre, les pouvoirs publics soulignent que la couverture vaccinale progresse depuis l'augmentation du nombre de vaccins obligatoires, de trois à onze pour les enfants nés après le 1er janvier 2018.

Europe 1
Par Pierre Herbulot, édité par Clémence Olivier avec AFP