Journée mondiale contre la maladie d'Alzheimer : "Je m'accroche au fait que l'on puisse encore échanger, partager les petits plaisirs de la vie"

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :
Dany a 55 ans. Elle a appris qu'elle était atteinte de la maladie d'Alzheimer lorsqu'elle en avait 52. Son mari, Philippe, se bat quotidiennement à ses côtés. Ils témoignent sur Europe 1.
TÉMOIGNAGE EUROPE 1

Ce vendredi, c'est la journée mondiale de lutte contre la maladie d'Alzheimer. Près d'un million de personnes en sont atteintes aujourd'hui en France - trois millions si on ajoute les proches qui accompagnent les malades. Si, dans la grande majorité des cas, ce sont des personnes âgées qui sont touchées, 30.000 patients jeunes, c'est-à-dire qui ont moins de 65 ans, ont développé un Alzheimer précoce. Ce sont encore souvent des actifs et certains ont encore des enfants ou ados à la maison.

>> De 7h à 9h, c’est deux heures d’info avec Nikos Aliagas sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

>> Europe 1 est allé à la rencontre de Dany, malade d'Alzheimer qui est dans ce cas, et de Philippe, son mari. Ils vivent dans le Nord de la France et ont deux garçons, qui ont une trentaine d'année. Leur témoignage est dur, mais il permet vraiment de se rendre compte des conséquences de la maladie dans le quotidien. Philippe travaille encore et, parallèlement, il s'occupe désormais de tout à la maison, et surtout de Dany. Ils se battent, tous les deux, contre Alzheimer.

Dany : "Mon âge, déjà, je ne pourrais même pas vous le dire, parce que je ne sais plus."

Philippe : "55 ans."

Dany : "J’ai 55 ans mais sinon, ça je ne sais plus. J’avais quel âge quand on a su que j’avais la maladie d’Alzheimer ?"

Philippe : "52 ans."

Dany : "On a bien pleuré, tout le monde à la maison. Je savais comment ça marchait pour ma maman donc je me suis dit : 'On va essayer de se battre et de faire plein de choses.' C’est ce que je fais. Je bouge beaucoup, j’ai beaucoup d’amis. On fait beaucoup de marche. Ce qui est difficile pour moi ? Reconnaître les objets. Mais c’est rare, ce n’est pas tout le temps."

Philippe : "La gauche, la droite, toute notion de lecture, d’écriture, reconnaître certains objets domestiques comme les couteaux, les fourchettes."

Dany : "Ce n’est pas tout le temps, ça dépend. Je fais encore plein de choses. Je suis malade mais en même temps, je pense qu’il y a des gens qui sont beaucoup plus malades que moi. Après, j’ai toujours dit que si, un jour, vraiment, ça se dégrade, on a déjà prévu, je partirai sur… Comment ça s’appelle Philippe déjà ? Je ne sais plus.

Philippe : "En Belgique."

Dany : "Aller en Belgique, c’est ce qu’on avait dit. Je pense que j’irai en Belgique pour finir mes…"

Philippe : "Pour abréger tes jours. Je m’accroche aujourd’hui au fait qu’elle puisse encore communiquer, qu’on puisse encore échanger et partager les petits bonheurs, les petits plaisirs de la vie. Ne serait-ce que sortir avec nos amis, continuer à voir du monde, voir les enfants, les petits-enfants. Ce sont des sources de bonheur. On s’accroche à ça. Le jour où elle aura perdu cet état-là, je l’aurai perdue."