Certains médicaments utilisés dans le traitement de cancers viennent à manquer. 2:05
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Elise Denjean , modifié à
En raison notamment de la délocalisation de la production, certains médicaments anti-cancéreux viennent à manquer. La ligue contre le cancer veut alerter sur ce phénomène et exige une meilleure gestion des stocks, ainsi qu'une plus grande transparence à l'égard des malades.
DÉCRYPTAGE

C'est un phénomène de plus en plus fréquent et inquiétant. En raison de la délocalisation des lignes de production en Asie, notamment en Chine et en Inde, où le coût de fabrication est moins élevé, certains médicaments viennent à manquer. L'an dernier, l'Agence de sécurité du médicament a recensé près de 2.500 signalements de ruptures de stock, soit 1.000 de plus que l'année précédente. En 2010, il n'y avait eu que 130 cas. Parmi les produits les plus concernés : les médicaments cardio-vasculaires, les anti-infectieux... et les anti-cancéreux.

"Pas de cancer qui n'ait été touché"

C'est sur ces derniers que la Ligue contre le cancer veut attirer l'attention. "Il n'y a pas, je pense, de cancer qui à un moment donné n'ait pas été touché par un problème de pénuries", avance le professeur Jean-Paul Vernant, administrateur à la Ligue. Et il est formel : ces pénuries peuvent avoir des conséquences très importantes.

"Dans le cancer de la vessie, le BCG est un médicament extrêmement efficace en injection intra-vésicale. Or, on manque de BCG. Sanofi a décidé d'arrêter la production. Et la seule alternative possible à ce moment là, c'est de faire une cystectomie, donc de retirer la vessie du malade avec toutes les conséquences" que cela implique. 

Plus de transparence et de stocks

La Ligue contre le cancer réclame donc plus de transparence et d'information à l'égard des malades. Mais souhaite également que les laboratoires pharmaceutiques soient contraints de faire 4 à 6 mois de stocks. Enfin, et surtout, l'organisation exige que la fabrication des principes actifs soit rapatriée en Europe. 

C'était justement une promesse d'Emmanuel Macron pendant l'épidémie de Covid-19, mais le dossier n'a pas beaucoup avancé. Il faut dire qu'un tel chantier prendra plusieurs années. Il faut construire des usines, alors que tout est très réglementé. En attendant, petite victoire tricolore cependant : le retour dès 2023 de la production de paracétamol à Roussillon, en Isère.