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Hantavirus : origine, «maladie assez grave», pas de traitement... Un infectiologue fait le point

Hantavirus (Illustration). [Joao Luiz Bulcao / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Un bateau de croisière situé dans l'océan Atlantique est frappé par un foyer d'hantavirus, qui a déjà causé la mort de trois personnes. De quoi s'agit-il, quelle est l'origine de cette maladie et quid de sa dangerosité ? Dans l'émission "Pascal Praud et vous", l'infectiologue Robert Sebbag fait un point complet.

C'est une famille de virus que le monde apprend à connaître : un foyer d'hantavirus s'est déclenché dans un bateau de croisière qui navigue actuellement dans l'océan Atlantique. Trois personnes sur les quelque 149 passagers à bord - membres de l'équipage compris - ont perdu la vie après avoir été contaminées.

Dans l'émission Pascal Praud et vous, l'infectiologue Robert Sebbag évoque les tenants et les aboutissants de cette maladie, découverte pour la première fois pendant la guerre de Corée (1950-1953) à proximité de la rivière Hantan, d'où son nom "hantavirus".

La mortalité de la souche des Andes à 38%

"C'est une grande famille de virus. En fonction des souches virales, il y a une pathologie particulière, un risque mortel spécifique", éclaire l'infectiologue sur Europe 1, mentionnant deux souches principales : la souche des Andes, et la souche européenne et asiatique. La première a été détectée sur le bateau. "Il y a une transmission interhumaine possible, beaucoup plus fréquente que la souche européenne et asiatique", souligne Robert Sebbag.

Cette maladie est véhiculée par les rongeurs. "C'est par la respiration qu'on va attraper cette maladie. C'est une maladie assez grave, plus grave que le coronavirus, plus dangereuse. L'incubation peut être très longue", note-t-il. La maladie prend "une forme respiratoire : ça commence par un syndrome de type grippal, puis des troubles respiratoires extrêmement graves. La mortalité de cette souche est de 38%", précise l'infectiologue, rappelant qu'il n'y a "pas de traitement ni de vaccin".

Une situation différente du Covid-19

Toutefois, une propagation de la maladie à l'image du Covid-19 semble peu probable, selon lui. "Actuellement, les spécialistes et l'OMS ne sont pas inquiets. Le coronavirus était un virus nouveau. On n'est pas dans le même cas de figure", rappelle l'infectiologue.

"La petite 'chance', c'est que (les personnes contaminées) étaient sur un bateau. C'est un lieu clos où l'on peut confiner les gens et voir ce qu'il se passe (...) La contamination n'est pas systématique (...) Il faut une surveillance", affirme Robert Sebbag.