Quels réflexes adopter en cas de brûlure ?

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Comment évaluer la gravité d'une brûlure et comment réagir avant l'arrivée des secours ou du médecin ? Dans l'émission Sans rendez-vous, lundi, Europe 1 fait le point sur les choses à savoir, les gestes à adopter ou à éviter en cas de brûlure, quelle que soit son étendue et sa profondeur.

L’été, les vacances, les barbecues… et parfois les brûlures. Un accident peut vite arriver et dans ces cas-là, on ne sait pas toujours comment réagir face à une blessure en apparence bénigne, mais qu’il ne faut pourtant pas prendre à la légère. Sur Europe 1, lundi, l’émission Sans rendez-vous fait le point sur ce qu’il faut savoir, mais aussi ce qu'il faut faire ou ne pas faire en cas de brûlure.

Où se situe la brûlure ?

Et il n’y a pas que le feu qui brûle. Il y a aussi le lait chaud, le thé, le café, une casserole d’eau bouillante… Les liquides brûlants sont d’ailleurs responsables de la moitié des accidents domestiques. Dans son livre blanc, il y a deux ans, la Société francophone de Brûlologie invitait aussi à se méfier des barbecues électriques, qui ont un bac rempli d’eau pour recueillir les graisses de cuisson.

Première chose à faire, dans tous les cas : ne pas sous-estimer la gravité d’une brûlure. Trois choses sont importantes : la zone de la peau qui est brûlée, la surface concernée, et la profondeur de la brûlure. Parmi les zones les plus dangereuses, le visage bien sûr, mais aussi les pieds, les mains, en raison du risque de rétraction des tissus lors de la cicatrisation, voire d’adhérence entre la peau et les tendons pouvant provoquer un handicap fonctionnel. Parce que les doigts gonflent en cas de brûlure, il faut tout de suite penser à retirer les bagues que l’on porte.

La brûlure est-elle profonde et étendue ?

La profondeur d’une blessure est calculée en degrés. C’est pour cela que l’on parle d’une brûlure au premier, deuxième ou troisième degré. Le premier degré concerne la surface de la peau. C’est par exemple le type de brûlure que l’on retrouve dans le cas d’un coup de soleil. Au deuxième degré, la peau se soulève et l’on voit y apparaître des vésicules, communément appelée cloques.

La douleur est un important indicateur. Si la brûlure fait mal, c’est bon signe. Cela signifie qu’il s’agit d’une brûlure au deuxième degré superficielle, qui en général peut guérir en une quinzaine de jours. En revanche, si ça ne fait pas mal, cela indique que la couche profonde de la peau, le derme et les récepteurs à la douleur, est détruite. Il s’agit donc là d’un deuxième degré profond. Ici, la guérison sera plus longue.

Lorsque la peau est brûlée au troisième degré, la brûlure est plus profonde encore et la couche graisseuse est touchée. La peau peut alors prendre une couleur blanche ou brune, avec un aspect de cuir. Dans ce cas, une greffe est nécessaire. Dès qu’une brûlure au deuxième degré dépasse 10% de la surface du corps, il n’est plus question d’une brûlure mineure. Pour un adulte, c’est l’équivalent de la surface de la paume de la main.

Comment réagir en cas de brûlure ?

Le premier quart d’heure est crucial, parce qu’il peut permettre de limiter les dégâts en réduisant la gravité de la brûlure. En effet, dans les premières minutes, même si la personne s’est éloignée de la source de la brûlure, l’effet thermique se poursuit. Pour empêcher cela, il faut placer les parties brûlées sous l’eau froide (environ 10 ou 15°C), pendant dix minutes, ce qui permettra de refroidir la peau en profondeur.

Si une partie des vêtements est collée sur la peau, il ne faut surtout pas essayer de la décoller, mais plutôt de découper autour. Enfin, il faut penser à couvrir le blessé avec une couverture si la surface brûlée est étendue, afin d’éviter tout risque d’hypothermie.

Chaque année, en France, au moins 400.000 personnes se brûlent. Un chiffre qui ne recense que les personnes qui se déplacent chez un médecin, mais en réalité les victimes sont bien plus nombreuses. Au total, 8.000 personnes sont hospitalisées à cause de leurs brûlures et environ 200 en décèdent. C’est notamment le cas lors d’incendies, bien qu’il soit obligatoire, depuis 2015, de faire installer chez soi un détecteur avertisseur autonome de fumée (DAAF).

Europe 1
Par Pauline Rouquette