Gilets jaunes : les ophtalmologues alertent une nouvelle fois sur l'usage des LBD

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Les ophtalmologues réunis en congrès à partir de samedi alertent une nouvelle fois sur les risques pour les yeux présentés par l'usage des lanceurs de balles de défense contre les "gilets jaunes".

Dès le mois de janvier, les ophtalmologues avaient alerté les autorités sur la dangerosité des lanceurs de balles de défense (LBD). Une mise en garde qu'ils réitèrent dans le cadre du congrès de la Société française d'ophtalmologie qui s'ouvre samedi à Paris.

Une augmentation des blessures avec les "gilets jaunes"

Des ophtalmologues ont mené une étude entre février 2016 et avril 2019 dans tous les CHU de France sur les traumatismes oculaires associés à l'utilisation de ces armes sublétales. Si les résultats ne seront présentés qu'à la rentrée prochaine, on sait déjà qu'il y a une hausse du nombre de patients touchés par ces blessures depuis le début du mouvement des "gilets jaunes". 

En trois ans, près de 40 patients ont été pris en charge pour des blessures liées à l'usage d'armes de type LBD. Un chiffre en hausse depuis le début des manifestations des "gilets jaunes" en novembre dernier.

>> Suivez en direct sur Europe1.fr le déroulement de l'"acte 26" des "gilets jaunes" samedi

Des blessures qui peuvent conduire à la perte d'un œil

Les médecins ont essentiellement soigné des hommes de 25 ans en moyenne dont près d'un sur deux est arrivé aux urgences avec une plaie ouverte. Une blessure qui nécessite une opération et qui est souvent synonymes d'une perte quasi définitive de la vue. Cette conséquence irréversible est peu surprenante compte tenue de la puissance des armes utilisées. "Pour les lanceurs de balles de défense, les munitions ont un diamètre de 40 millimètres, proche de celui d'une balle de golf ou de squash. Quand les balles arrivent dans l'axe, l'orbite ne peut pas jouer son rôle d'amortisseur du choc", explique le professeur Bahram Bodaghi, vice-président de la Société française d'ophtalmologie. 

Et ce choc qui peut provoquer une fracture de l'orbite, voire parfois un éclatement de l’œil. Dans 20% des cas, celui-ci doit être retiré. Des patients peuvent aussi souffrir d'autres fractures faciales et, même si c'est plus rare, de lésions cérébrales.

Europe 1
Par Hélène Terzian, édité par Marthe Ronteix