Malgré des années de débats sur la fin de vie, la France manque cruellement de services de soins palliatifs dans le pays. Près de 20 départements n'en sont pas dotés. Or, la promesse était d'abord de doter l'entièreté du territoire d'équipes en soins palliatifs avant d'ouvrir un débat sur une aide médicale à mourir.
Plus de trois ans après le début du lancement des débats sur la fin de vie pour un éventuel changement de loi, les Français n'ont toujours pas accès aux soins palliatifs. Pourtant, le gouvernement l'avait promis : avant d'autoriser une aide à mourir, les soins palliatifs seront plus développés en France.
Ainsi aujourd'hui, seul un patient sur trois bénéficie de soins palliatifs lorsqu'il en a besoin, selon les données de la cour des Comptes. L'Hexagone manque d'unités de soins palliatifs : 20 départements en sont dépourvus.
"On a une liste d'attente"
Les malades sont alors pris en charge par des médecins non spécialisés faute de place près de chez eux ou dans les unités spécialisés de leur région déjà surchargée, regrette Jean Marc Lapiana, directeur du centre de soins palliatifs "La Maison" près de Marseille.
"On a une liste d'attente, puisqu'aujourd'hui on prend à peu près un malade sur trois. On est démuni parce qu'il faut choisir", confie-t-il au micro d'Europe 1.
Rendre les soins plus accessibles
"Nous, on a reçu des gens qui venaient en voulant se jeter par la fenêtre tellement ils souffraient. Je pense à une patiente qui a fait des allers-retours, c'était il y a un an et demi. Si la loi autorisait une aide à mourir, est-ce que vous pensez que cette personne serait décédée aujourd'hui ? Oui, ça c'est sûr. Quand on l'a prise, on ne pouvait même pas la toucher tellement elle souffrait. Et franchement, si on avait été à sa place, on aurait eu envie de sauter par la fenêtre nous aussi", poursuit le professionnel.
Jean-Marc Lapiana en est persuadé : si les soins palliatifs étaient accessibles à tous, les demandes d'aide à mourir seraient moins nombreuses.