Dépakine : la mise en examen de Sanofi "est importante symboliquement" pour les familles

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Les familles de victimes saluent la mise en examen de Sanofi. 1:39
Les familles de victimes saluent la mise en examen de Sanofi. © AFP
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Quelques heures après la mise en examen de Sanofi pour homicides involontaires dans l'affaire de la Dépakine, les familles de victimes réagissent. Marine Martin, présidente de l'association d'aide aux parents de victimes, salue une nouvelle symbolique et dénonce l'attitude de Sanofi.

"C'est une très grande victoire pour les familles de victimes, on attendait ça depuis longtemps." Pour Marine Martin, présidente de l'association d'aide aux parents de victimes d'une mauvaise utilisation des traitements anti-convulsivants, la nouvelle aggravation des charges qui pèsent sur Sanofi est une victoire. Le groupe a annoncé ce matin être mis en examen pour homicides involontaires dans l'affaire de la Dépakine. Il était déjà mis en examen, depuis février, pour "tromperie aggravée" et "blessures involontaires" dans le même dossier. La justice devra déterminer si le médicament anti-épileptique est à l'origine de la mort de quatre enfants entre 1990 et 2014. 

"Ils nous méprisent"

"Ça fait des années que je reçois des appels de parents qui ont perdu un bébé suite aux malformations engendrées par la [prise de] Dépakine pendant la grossesse", explique-t-elle. "Je pense que le grand public ne sait pas que la Dépakine tue." Selon elle, "ce sont des centaines et des centaines d'enfants qui sont décédés, parce qu'on n'a pas informé les femmes épileptiques enceintes qu'avec la Dépakine elles risquaient de tuer leur bébé in-utero ou qu'il ne survivrait pas aux malformations". Alors, juge Marine Martin, que Sanofi soit mis en examen pour homicides involontaires, "c'est important symboliquement pour toutes ces femmes, pour tous ces enfants disparus".

Elle critique par ailleurs l'attitude de Sanofi, "fidèle à ce qu'elle a toujours été : abjecte, immonde. Ils nous méprisent. On est vraiment en colère et on ne lâchera rien, parce qu'ils ont une attitude complètement amorale vis-à-vis des victimes". La lanceuse d'alerte explique ainsi qu'au cours des procédures, "ils refusent de payer ce qu'ils doivent payer quand ils sont condamnés". 

Europe 1
Par Guillaume Biet édité par Guilhem Dedoyard