La France respire enfin après une dizaine de jours de canicule très éprouvants. L’heure est au bilan sanitaire, qui pourrait encore s’alourdir dans les prochains jours. Les premières victimes sont les personnes âgées.
Cinq départements restent en vigilance orange ce lundi 29 juin : les Alpes-Maritimes, le Var, les Alpes-de-Haute-Provence, la Haute-Corse et la Corse-du-Sud. Après un épisode caniculaire historique en France, les premiers chiffres sanitaires sont disponibles.
Dans un bilan provisoire publié dimanche, Santé publique France recense au moins un millier de décès supplémentaires depuis mercredi 24 juin. 85 % des victimes sont âgées de plus de 65 ans.
Les personnes âgées, premières victimes de la chaleur
Dans le service de réanimation qu’il dirige à l’hôpital Lariboisière à Paris, Bruno Megarbane a constaté que la canicule a touché principalement les plus âgés, "généralement porteurs de comorbidités cardiovasculaires, rénales ou neurologiques sévères, peu mobiles et vivant dans des logements petits, exigus, sous les toits".
Avec la baisse des températures, le risque de coup de chaleur est désormais faible selon lui. Les appels aux urgences ont d’ailleurs baissé, mais le bilan pourrait toutefois encore s’alourdir. Il y a "plusieurs raisons" à cela, explique Bruno Megarbane.
Risque de décompensation
"D’abord, la découverte de patients décédés la semaine passée à leur domicile, lors de l’intervention de voisins ou d’aides ménagères. Ensuite, parce que des personnes admises à l’hôpital pour des coups de chaleur graves peuvent encore décéder des suites de leur état", prévient-il.
Le médecin alerte également sur le risque de décompensation. Des symptômes proches du coup de chaleur, déshydratation, maux de tête, troubles du comportement, signes d’une récupération difficile après une hyperthermie parfois passée inaperçue.