Avortement : quatre questions sur les IVG médicamenteuse et chirurgicale

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Anesthésie IVG Avortement Opération 3:53
L'IVG se pratique généralement sous anesthésie générale. Photo d'illustration. © DIDIER PALLAGES / AFP
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En 2019, le taux de recours à l'Interruption volontaire de grossesse a atteint son plus haut niveau depuis 30 ans, selon la direction de la recherche. Sur Europe 1, jeudi après-midi, le docteur Jimmy Mohamed se penche sur plusieurs questions pour éclaircir les zones d'ombre autour de cette pratique.

Des interrogations entourent la pratique de l'Interruption volontaire de grossesse (IVG), légalisée en 1975. Quels sont les différences précises entre l'IVG médicamenteuse et l'IVG chirurgicale ? Comment se déroulent l'une et l'autre de ces techniques ? Avec quel accompagnement médical ? Est-ce douloureux physiquement ? Dans l'émission Sans Rendez-vous, jeudi après-midi, le docteur Jimmy Mohamed répond à plusieurs questions importantes sur cet acte médical réalisé 232.000 fois en 2019.

Comment se déroule une IVG médicamenteuse ?

"Lorsqu'on opte pour la version médicamenteuse de l'IVG, deux médicaments sont utilisés. Le premier est un anti-progestatif qui va arrêter la grossesse et permettre de décoller l'œuf. Il favorise l'ouverture et le ramollissement du col de l'utérus. Des saignements sont possibles, mais cela ne veut pas dire que la grossesse est totalement arrêtée.

Le second médicament, administré 36 à 48 heures plus tard après le premier, contient des prostaglandines et va donner des contractions utérines pour expulser l’œuf. Des saignements vont survenir dans les quatre heures dans 60% des cas. Pour les 40% restants, des saignements vont intervenir dans les 24 à 72 heures, avec des douleurs abdominales, comme des contractions.

À quoi sert la consultation avant l'IVG ?

Il n'y a pas d’hospitalisation mais il faut quand même une consultation médicale au préalable. Cette consultation est obligatoire et revêt deux aspects très importants : médical et psychologique. Sur le plan médical, la consultation permet de recueillir les antécédents et l'état de santé actuel de la femme, de vérifier l'absence de contre-indications en fonction de la méthode choisie et d'effectuer les examens nécessaires et indispensables avant de réaliser l'IVG, avec le groupe sanguin et la datation échographique de la grossesse. Elle permet aussi de planifier les rendez-vous pour la prise de médicaments et d'aborder la question de la contraception pour la suite.

Sur le plan psychologique, la consultation permet de vérifier la certitude de la décision et de comprendre le contexte de cette demande. Elle est aussi un lieu de parole pour la femme et le couple, éventuellement.

Quel suivi après l'IVG médicamenteuse ?

Après la prise de ces deux médicaments, il faut quand même effectuer un contrôle pour vérifier que la grossesse est bien interrompue. Le médecin s'assure également que la patiente ne présente aucune complication. Cette visite doit être effectuée entre le 14e et le 21e jour suivant la prise de la mifépristone, qui est le premier médicament.

En quoi consiste l'IVG chirurgicale ?

L'autre méthode d’IVG, dite 'chirurgicale' ou 'instrumentale' consiste à aspirer l'œuf à l'intérieur de la cavité utérine. Cette opération se réalise sous anesthésie locale ou générale et ne dure qu'une dizaine de minutes. Avant de procéder à l'aspiration, le médecin dilate le col de l'utérus. Elle est préférée à la première entre la 8e et la 12e semaine de grossesse. Après cette intervention, les femmes ont généralement besoin d’un temps de convalescence. Là aussi, une consultation est obligatoire entre le 14e et le 21e jour qui suivent l'acte."

Europe 1
Par Jimmy Mohamed