Vivre ensemble : à Poissy, "des quartiers qui étaient stigmatisés sont aujourd'hui pris en exemple"

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Création d’une école du web dans des quartiers populaires, de rendez-vous multiconfessionnels… Karl Olive, maire de Poissy, est revenu sur ses propositions pour le vivre ensemble lors du Forum Europe 1 au Bataclan.
INTERVIEW

Peut-on encore instaurer un état apaisé de "vivre ensemble" en France, terre de tous les contrastes et de toutes les diversités. "Oui", assure Karl Olive, le maire LR de Poissy, dans les Yvelines, invité du Forum Europe 1, organisé mardi au Bataclan. Dans cette ville de 40.000 habitants, où 38% des habitants sont d’origine étrangère, selon la marie, l’édile l’assure :  "Des quartiers stigmatisés sont pris en exemple".

Le "vivre ensemble" passe par des actions concrètes. "Aimer ne s’apprend pas dans le dictionnaire", assure Karl Olive. Selon le maire de Poissy, en effet, le "mieux vivre ensemble" doit passer par des actions concrètes. Sa ville a, par exemple, mis en place un "jardin de l’Olivier", de 600 mètres carrés, où les habitants se retrouvent régulièrement pour débattre. Tous les trimestres, les représentants de différents cultes s’y rencontrent, déjeunent ensemble, discutent.

"J’ai eu l’idée lors d’un voyage en Turquie. Il y avait un jardin avec une mosquée, une petite église, un temple protestant, un petit temple bouddhiste, une synagogue, où chacun venait exercer son culte. Je me suis dit : 'on mettra ça en place'. C’est ce qu'on a fait. Aujourd’hui, le curé a fait connaissance avec l’imam, et cela me paraît important", développe le maire, qui a également instauré une "charte de la laïcité" dans les clubs de sport de la ville, n'hésitant pas à supprimer les subventions d'une association de judokas qui refusaient de voir d'autres judokas nus dans les vestiaires. "Il y a des règles du jeu", martèle-t-il.

"On a raté le tournant de la mixité". L’édile cite également en exemple "l’école du web", une école de formation aux métiers du web, mise en place dans un quartier populaire de la ville. "On m'a dit, ça ne pourra pas fonctionner, la mission locale a brûlé, on ne peut pas ouvrir ça, avec du matériel sensible, ’sur la terre des rebeux’, m’a-t-on dit. Et bien c’est le contraire qui s’est passé. Cela a apporté de l’emploi. Et en face a également ouvert une association, où des mamans, voilées, que l’on ne voyait jamais sortir, viennent désormais donner des cours d’alphabétisation, préparer les fêtes de quartier, aider… Là où ces quartiers étaient stigmatisés, aujourd'hui, ils sont pris en exemple. Je peux vous dire que ça n'a pas de prix", détaille Karl Olive.

Karl Olive le reconnaît toutefois, dans les années 80, "on a raté le tournant de la mixité sociale". "On est tous responsable". Il admet également que les communes, y compris la sienne, ont encore du travail, notamment en matière de logement social.