Pour le constitutionnaliste Benjamin Morel, les rumeurs autour d'une nouvelle dissolution de l'Assemblée nationale relèvent moins d'une stratégie électorale que d'un moyen de pression sur les députés à l'approche du vote du budget.
Alors que l'hypothèse d'une nouvelle dissolution refait surface dans le débat politique, Benjamin Morel se montre sceptique sur l'intérêt d'une telle option pour Emmanuel Macron. Le constitutionnaliste juge peu probable que le président de la République saute réellement le pas dans les prochains mois. Selon lui, une telle décision apparaîtrait comme une "manip" politique et pourrait créer davantage de difficultés qu'elle n'en résoudrait, notamment au sein même de la majorité.
Pour le spécialiste des institutions, l'objectif est surtout de dissuader les parlementaires de censurer le gouvernement lors des débats budgétaires. "Il cherche à faire pression sur les députés pour que ces derniers aillent à la non-censure", explique-t-il, estimant que l'exécutif utilise la menace d'un retour aux urnes comme levier dans le rapport de force parlementaire.