Boris Johnson 5:10
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Louis de Raguenel et Gauthier Delomez , modifié à
Le Premier ministre britannique Boris Johnson et le président français Emmanuel Macron s'affrontent diplomatiquement ces derniers jours, divisés sur les questions de la pêche et de la crise migratoire. Sur Europe 1, le président de la fondation Robert-Schuman remet en cause le comportement des Britanniques.
INTERVIEW

Les relations entre la France et le Royaume-Uni sont fortement tendues ces derniers jours, d'abord par le conflit sur la pêche qui pousse des dizaines de pêcheurs français à montrer leur colère, puis par la crise migratoire et le drame survenu mercredi soir dans la Manche. À ce sujet, le Premier ministre britannique Boris Johnson a écrit une lettre au président français Emmanuel Macron qu'il a ensuite relayée sur Twitter, où il demande à la France de reprendre les migrants qui arrivent sur son sol. Pour Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert-Schuman, Boris Johnson "est de mauvaise foi". "Depuis le début, son agenda est un agenda de politique intérieure et pas du tout destinée à régler un problème très difficile, qu'il a contribué à créer par les mesures populistes qu'il a prises", affirme-t-il dans l'émission Europe midi.

Emmanuel Macron "surpris" face à des méthodes qui "ne sont pas sérieuses"

Si le Premier ministre britannique dit ne pas regretter cette lettre, le président Emmanuel Macron, en déplacement à Rome, a fait part de sa "surprise" face à des méthodes qui "ne sont pas sérieuses". Le gouvernement français n'a pas apprécié la proposition britannique, mais pour durcir le ton, en diplomatie, il faut pouvoir être certain de mettre ses menaces à exécution comme le confie un ministre à Europe 1. C'est tout l'inverse de ce qui s'est produit sur la question de la pêche.

Sur le dossier de la crise migratoire, Emmanuel Macron a décidé d'annuler vendredi matin l'invitation faite à la ministre de l'Intérieur britannique, Priti Patel, de venir à la réunion de Calais dimanche, aux côtés des ministres de l'Intérieur de l'Union européenne. En faisant cela, le chef de l'État prend le risque de donner une bonne raison aux Anglais de ne pas aider la France dans ce dossier.

"On ne peut régler ce problème qu'ensemble", souligne Giuliani

Sur une échelle de tension diplomatique allant de 1 à 10, Jean-Dominique Giuliani estime que l'on est "à 5 ou 6". "Ce que Boris Johnson démontre, comme sa ministre de l'Intérieur, c'est qu'il n'est pas un partenaire loyal, c'est nouveau et regrettable. Il est sans scrupules", assène-t-il au micro de Romain Désarbres. Le président de la fondation Robert-Schuman voit dans ce comportement, "qui lui réussit bien sur le plan intérieur pour l'instant", un "isolement international du Royaume-Uni de plus en plus fort, et un échec économique à venir qui n'est une bonne nouvelle pour personne, ni pour l'Union européenne, ni pour les Britanniques".

Parmi les mesures évoquées, celle du président français d'appliquer le principe de la non-admission au sein même de l'espace Schengen. Une révision de ces accords est possible pour Jean-Dominique Giuliani. Mais le président du laboratoire d'idées européen insiste sur le mauvais comportement de Boris Johnson : "On ne peut pas travailler à coups de tweet, de lettres comminatoires ou de déclarations, et surtout pas de mensonges éhontés (...). On ne peut régler ce problème qu'ensemble, et pas de cette manière-là", appuie Jean-Dominique Giuliani.