Son verbe haut et son penchant pour l’ordre ont jusqu’ici séduit les Français, au point d’en faire le ministre le plus populaire du gouvernement, selon un récent sondage. Mais la crise avec Alger s’apparente au premier vrai accroc de Bruno Retailleau place Beauvau.
Bruno Retailleau fait face à la difficulté de manœuvrer dans un gouvernement où ses idées ne sont pas majoritaires
Lui qui a longtemps pourfendu l’impuissance de ses prédécesseurs, se retrouve confronté à une situation sur laquelle il n’a pas totalement prise. Car si la baisse des visas ou l’aide au développement font bien partie de ses prérogatives, les leviers diplomatiques se trouvent directement au Quai d’Orsay et à l’Élysée.
Impossible donc de suspendre seul les accords de 1968 avec l’Algérie, qu’il juge désavantageux pour la France, ou de prendre des mesures de rétorsion en matière économique. Pressé par le Rassemblement National de durcir le bras de fer avec Alger, Bruno Retailleau fait face à la difficulté de manœuvrer dans un gouvernement où ses idées ne sont pas majoritaires, et à la volonté de François Bayrou de ne pas froisser la gauche.
L’absence de riposte sur le dossier algérien pourrait lui valoir les critiques de ceux qui, à droite, lui reprochent de gouverner avec la macronie.