Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a réaffirmé la volonté du gouvernement de durcir la répression des free parties, après un Teknival géant près de Bourges. Un projet de loi prévoit de nouvelles sanctions, visant organisateurs comme participants.
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a affirmé dimanche, lors d'une visite du site de la free party géante en cours près de Bourges, que le gouvernement était déterminé à "mieux réprimer" ce type de "rassemblements musicaux illégaux".
"Renforcer la détermination du gouvernement"
Les organisateurs du Teknival, qui a débuté vendredi et rassemblé "au plus haut" 17.000 personnes selon Laurent Nuñez, ont explicitement dit avoir choisi un terrain militaire près de Bourges, ville natale du ministre. Ils entendent ainsi protester contre des textes législatifs visant à durcir les sanctions contre les organisateurs de free parties et leurs participants, qui passeraient de la simple contravention au délit.
"Cette revendication ne fera que renforcer la détermination du gouvernement à mieux réprimer ce type d'organisation sauvage que nos concitoyens ne comprennent pas", a rétorqué le ministre après avoir visité le dispositif mis en place par les autorités.
"Ca ne fait que renforcer ma conviction de continuer à porter le projet de loi qui s'appelle 'Ripost'", a-t-il ajouté.
Un délit puni de 2 ans de prison et 30.000 euros d'amende
Présenté fin mars en conseil des ministres, ce projet ferait de l'organisation d'une rave party non déclarée un délit puni de 2 ans de prison et 30.000 euros d'amende. Un délit de participation à ces événements serait en outre créé.
Il va dans le même sens que la proposition de loi 1133 de la députée Horizons Laetitia Saint-Paul, adoptée à l'Assemblée et qui doit encore être débattue au Sénat. Elle prévoit une peine de six mois d'emprisonnement et de 30.000 euros d'amende pour sanctionner "le fait de contribuer de manière directe ou indirecte à la préparation, à la mise en place ou au bon déroulement" d'une rave-party non déclarée ou interdite.
La participation à l'organisation de l'événement y est définie de manière très large, jusqu'à la "diffusion des informations pratiques".
337 "rassemblements musicaux illégaux" recensés en 2025
Le ministre, qui a rencontré agriculteurs, riverains et élus locaux, a insisté sur "les nuisances" provoquées ce type d'événements "qui n'obéissent à aucune règle juridique".
"Pour que ça ne se reproduise plus, il faut durcir les sanctions", a-t-il lancé, assurant que 600 verbalisations avaient déjà eu lieu et que "tous ceux qui sortent de ce Teknival" seraient "verbalisés à double titre", pour avoir pénétré sur un terrain militaire et avoir participé à un rassemblement illégal.
Selon le ministre, 337 "rassemblements musicaux illégaux" ont été recensés en 2025, avec en moyenne 300 personnes. Seulement 4% ont dépassé le millier de participants.