Soupçons de corruption : le député Julien-Laferrière quitte le groupe écologiste

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avec AFP
Le député Hubert Julien-Laferrière, soupçonné de corruption dans une affaire d'ingérences étrangères, a annoncé ce jeudi quitter le groupe écologiste à l'Assemblée. Même s'il réfute les accusations, l'élu ne souhaite pas perturber la sérénité du travail parlementaire de ses collègues. 

Le député Hubert Julien-Laferrière, soupçonné de corruption dans une affaire d'ingérences étrangères, a annoncé jeudi quitter le groupe écologiste pour "préserver la sérénité du travail parlementaire de ses collègues". Dans un communiqué transmis par son avocate à l'AFP à la suite d'une enquête de Radio France, le député "découvre une énième fois dans la presse les accusations portées à son encontre" et déplore une "violation du secret de l'instruction".

S'il "réfute avec force les accusations dont il est objet, il tient à le faire dans le cadre de la procédure judiciaire en cours et, à ce stade, nulle part ailleurs. Dans l'attente de cette audition qu'il souhaite voir fixée dans les meilleurs délais, il se retire du groupe parlementaire des écologistes afin de préserver la sérénité du travail parlementaire de ses collègues", est-il écrit. Dans un communiqué distinct, les députés écologistes confirment ce départ et soulignent que l'enquête de Radio France "dévoile de nouvelles informations, jusqu'alors inconnues du Groupe Écologiste. Les agissements décrits, s'ils sont avérés, contreviennent à l'impératif de probité, qui doit régir la vie politique", estiment-ils.

 

Le groupe va passer de 23 à 22 députés

Ancien socialiste, macroniste puis écologiste, Hubert Julien-Laferrière est soupçonné d'avoir fait la promotion d'une cryptomonnaie contre d'éventuelles contreparties. Son bureau avait été perquisitionné fin septembre à l'Assemblée nationale. Les magistrats financiers se demandent si l'élu du Rhône aurait vanté en février 2022 le LimoCoin, une cryptomonnaie qui s'est avérée être une escroquerie, à la demande du lobbyiste Jean-Pierre Duthion et contre d'éventuelles contreparties.

Les investigations sont menées dans le cadre de l'enquête ouverte par le Parquet national financier (PNF) notamment des chefs de trafic d'influence, corruption d'agent public français et corruption privée, qui vise aussi des soupçons d'ingérence étrangère, notamment via M. Duthion, dans le travail de l'ex-journaliste de BFMTV Rachid M'Barki. L'enquête de Radio France souligne les relations du député avec le politologue spécialiste du Qatar Nabil Ennasri, mis en examen et placé en détention provisoire en octobre.