Soupçons de corruption dans l'immobilier : le maire LR de l'Essonne incarcéré démissionne

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Serge Poinsot était maire de Vigneux-sur-Seine depuis 2001. © PIERRE VERDY / AFP
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Serge Poinsot a été mis en examen fin juillet pour "corruption par personne investie d'un mandat électif", "blanchiment de fraude fiscale" et "corruption passive à titre habituel" et placé en détention provisoire.

Le maire Les Républicains (LR) de Vigneux-sur-Seine, en Essonne, Serge Poinsot, mis en examen et écroué en juillet dans une enquête sur des soupçons de corruption d'élus d'Île-de-France par des acteurs du bâtiment, a démissionné de son mandat, a annoncé vendredi la mairie. "Je veux pouvoir me consacrer pleinement et entièrement à ma défense. Il s'agit là d'un devoir de responsabilité vis-à-vis de mes administrés et du bon fonctionnement des services municipaux", a-t-il écrit dans sa lettre de démission adressée à la préfecture, citée dans un communiqué de la mairie.

Placé en détention provisoire. Le conseil municipal devrait se réunir le 13 octobre pour élire le successeur de Serge Poinsot, précise le communiqué. Maire depuis 2001 de cette commune de 30.000 habitants, il a été mis en examen fin juillet pour "corruption par personne investie d'un mandat électif", "blanchiment de fraude fiscale" et "corruption passive à titre habituel" et placé en détention provisoire. Ces soupçons de corruption, qui touchent d'autres élus ou ex-élus de banlieue parisienne, trouvent leur origine dans l'enquête sur le train de vie du préfet proche de la droite Alain Gardère. 

Soupçonné d'avoir bénéficié d'avantages en nature contre services rendus lorsqu'il était préfet délégué à la sûreté des aéroports de Roissy et du Bourget entre 2012 et 2014 et lorsqu'il dirigeait le Conseil national des activités privées de sécurité (Cnaps), entre 2014 et 2016, l'instance qui délivre des agréments dans ce secteur, il a été mis en examen en janvier et juillet 2016. Dans ce dossier, les investigations ont mis en lumière les liens entre le préfet et un promoteur immobilier influent, Antonio de Sousa, patron de la société France Pierre, lui-même mis en examen en avril 2016. 

Huit mises en examen. Avec Serge Poinsot, huit personnes sont mises en examen dans cette enquête. Outre le préfet et son directeur de cabinet au Cnaps, un ancien policier, le maire LR d'Ozoir-la-Ferrière (Seine-et-Marne) Jean-François Oneto a été mis en examen en janvier 2017 pour prise illégale d'intérêts, corruption passive, recel d'abus de biens sociaux et détournements de fonds publics. Une partie des faits reprochés au maire de Vigneux-sur-Seine avait fait l'objet d'une enquête au parquet d'Évry qui s'est ensuite dessaisi au profit de la juge d'instruction parisienne en charge de cette information judiciaire ouverte en septembre 2015.