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SONDAGE - 75% des Français estiment que le Parti socialiste doit rompre définitivement ses alliances avec La France insoumise

[Sébastien DUPUY / AFP]

Alors que le premier tour de la primaire du PS approche, deux visions s'opposent. Les partisans d'un rapprochement avec LFI et en face la volonté d'une rupture. Selon un sondage de l’institut CSA pour Europe 1, CNews et Le Journal du Dimanche, dévoilé ce mardi 29 septembre, 75% des Français estiment que le Parti socialiste doit rompre définitivement ses alliances avec LFI.

Depuis plusieurs années, la relation avec LFI divise profondément dans le camp socialistes. D’un côté, les partisans d’un rapprochement en vue de faire barrage au Rassemblement national, incarnée notamment par le Premier secrétaire Olivier Faure, qui considère que l’union de la gauche peut rester nécessaire. De l’autre, plusieurs figures socialistes réclament une rupture claire avec LFI, estimant que les divergences politiques et stratégiques sont devenues trop importantes, comme Raphaël Glucksmann.

Du côté des Français, le chiffre est sans ambiguïté. 75 % des personnes interrogées répondent "oui" à la question : "Selon vous, le Parti socialiste doit-il rompre définitivement ses alliances avec la France insoumise (LFI) ?" selon un sondage CSA pour Europe 1, CNews et Le Journal du dimanche. À l’inverse, 24 % répondent "non", tandis que 1% ne se prononce pas.

L'écart apparaît relativement limité entre les hommes et les femmes : 76 % des hommes et 75 % des femmes souhaitent une rupture définitive entre le PS et LFI.

L'âge constitue, en revanche, une variable plus marquée. Parmi les moins de 35 ans, 65 % se prononcent en faveur de la rupture. Cette proportion atteint 73 % chez les 35-49 ans, puis 81 % chez les 50-64 ans et 82 % chez les 65 ans et plus.

Un clivage particulièrement fort à gauche

C'est surtout selon la proximité politique que les réponses divergent. À gauche, le souhait de rupture reste majoritaire, mais tombe à 54 %, contre 46% qui souhaitent que le PS conserve ses alliances avec LFI.

Le contraste est beaucoup plus important parmi les sympathisants de LFI : seuls 22 % souhaitent une rupture, tandis que 78 % répondent "non".

Chez les proches du Parti socialiste, 71 % se prononcent pour la rupture et 29 % contre. Chez les sympathisants écologistes, le résultat s'inverse presque : 44 % souhaitent une rupture, contre 56 % qui ne la souhaitent pas.

À l'inverse, le soutien à la rupture dépasse largement les 85 % dans les autres grandes familles politiques mesurées par l'enquête : 93 % chez les proches de la majorité présidentielle, 90 % chez ceux de Renaissance, 90 % à droite, 92 % chez les Républicains et 89 % chez les proches du RN et de Reconquête.

Une question devenue centrale pour la gauche

La question des relations entre le Parti socialiste et La France insoumise s'inscrit dans un débat stratégique qui traverse la gauche française à chaque élection. En 2026, la direction du PS a notamment affiché sa volonté de ne pas conclure d'accord national avec LFI à l'occasion des municipales, tandis que les responsables insoumis ont continué à défendre le principe d'un rassemblement des forces de gauche.

Si la rupture recueille 75% des réponses au niveau national, elle ne rassemble que 54 % des personnes se déclarant proches de la gauche et seulement 22% des sympathisants LFI. 

Les 9 et 10 octobre prochains - date du premier tour de la primaire socialiste - devraient être décisifs et donneront la direction du parti à la rose pour l'élection présidentielle. Celle d'un parti susceptible de participer à un rassemblement large de la gauche, ou d'affirmer une identité sociale-démocrate autonome vis-à-vis de LFI.

*Échantillon national représentatif de 1.011 personnes âgées de 18 ans et plus. Questionnaire auto-administré en ligne sur panel les 24 et 25 septembre 2026. Méthode des quotas basée sur les critères de sexe, d’âge et de profession du répondant, après stratification par région et catégorie d’agglomération. Afin d’assurer la représentativité des résultats, les données ont été redressées selon les variables de sexe, d’âge, de profession, de région, de catégorie d’agglomération et de vote au premier tour de l’élection présidentielle de 2022.