Retraites : pour Eric Woerth, la "confrontation" est "inévitable" et doit "être assumée"

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Eric Woerth
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Eric Woerth, député Les Républicains de la 4ème circonscription de l’Oise, ancien ministre du Travail et du budget était l'invité du Grand Rendez-Vous, dimanche sur Europe 1. Il est revenu sur la mobilisation que connaît le pays contre la réforme des reta
INTERVIEW

Raffineries, transports en commun, enseignement.... La mobilisation contre la réforme des retraites continue la semaine prochaine. Une nouvelle manifestation est annoncée par les syndicats mardi, à la veille de la présentation du détail des mesures envisagées par le gouvernement. En 2010, Eric Woerth était en charge de la réforme des retraites lancée par Nicolas Sarkozy, qui avait également suscité une forte mobilisation. Invité dimanche du Grand Rendez-Vous sur Europe 1, le député LR, ancien ministre du Travail et du budget, et président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, a évoqué une confrontation "inévitable". 

"Des réformes qui brisent un certain nombre de droits acquis"

S'il est favorable à une réforme, Eric Woerth critique la manière d'agir du gouvernement. "Je soutiens toutes les bonnes réformes, celles qui font progresser le pays quitte à être difficiles. Mais l'idée de la confrontation sociale ne doit jamais être un but pour un gouvernement. La confrontation, parfois, est un temps qui est inévitable, lorsqu’il y a des réformes qui brisent un certain nombre de droits acquis ou de sujets tabous. Elle doit être assumée parfois, mais sans violence."

L'ancien ministre rappelle que la crise des gilets jaunes est encore sensible. "Le pays est chamboulé et ne sait plus très bien sur quel pied danser. La France est un peu au bord de la crise de nerfs", constate-t-il. "Il y a les fêtes de Noël qui arrivent et qui sont un élément qui met de la pression sur tout le monde."

Une réforme décriée en 2010

En 2010, un millions de personnes avaient manifesté contre la réforme voulue par Nicolas Sarkozy. "Les circonstances étaient extrêmement différentes, il y avait un texte. On pouvait être contre, on pouvait être pour mais il y avait l’intérêt général", raconte l'ancien ministre. "Au fond d’eux-mêmes, les Français devaient comprendre qu’il était utile de travailler un peu plus longtemps."

A titre personnel, Eric Woerth est pour une réforme du régime des retraites. "Il faut mettre en extinction les régimes spéciaux", assure-t-il. "Nous avions commencé à le faire, il faut terminer ce travail." En revanche, il déplore que le gouvernement ne souhaite pas reporter l'âge légal de départ à la retraite. "C'est étrange de faire une réforme des retraites sans parler du cœur : l'âge de départ". Il faut que le système soit en équilibre selon lui, pour garantir le paiement. Il préconise un décalage dès 2020 de l'âge de départ tous les trois mois, pour arriver à 65 ans dans une douzaine d'années. 

Europe 1
Par Mathilde Durand