Ce mercredi à l'Assemblée nationale et au Sénat, les oppositions ont largement remis en cause les propos du gouvernement. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a assuré que les "dysfonctionnements" dans l'affaire Lyhanna "n'ont rien à voir avec un problème de moyens".
Les obsèques de la jeune Lyhanna se tiendront vendredi à Fleurance, dans le Gers, dans la plus stricte intimité, a précisé ce mercredi l'avocat des parents de la collégienne de 11 ans, retrouvée morte le 4 juin. "Ce drame aurait pu être évité si la justice avait plus de moyens", avait-il martelé mardi.
Mais le gouvernement l'a assuré : aucune rallonge budgétaire n'aurait pu sauver la jeune fille. Un constat remis en cause au Sénat et à l'Assemblée ce mercredi 10 juin par les oppositions.
Sébastien Lecornu tente d'éteindre l'incendie
À commencer par la sénatrice communiste Cécile Cukierman, qui a contredit la version officielle : "N'en déplaise au président de la République qui a déclaré qu''on ne me parle pas de moyens'. Rendre justice est aussi une question de moyens."
Face à cette salve, Sébastien Lecornu a tenté de désamorcer la polémique. "Les premières remontées laissent à démontrer des dysfonctionnements qui n'ont rien à voir avec un problème de moyens. Cela sera à confirmer, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas un sujet de moyens pour l'institution judiciaire", a estimé le Premier ministre.
Pour tenter d'éteindre l'incendie, Sébastien Lecornu a tout de même annoncé la publication d'un décret. Objectif : obliger les parquets à motiver leur décision de classement sans suite dans ces affaires.
Pourtant, selon la députée Les Républicains Josiane Corneloup, cette affaire n'est pas un cas isolé. "Une plainte a été déposée par les parents d'un mineur pour viol commis par un proche de la famille, déjà condamné pour des faits similaires. L'homme accusé n'a toujours pas été entendu près d'un an après le dépôt de la plainte", a dénoncé l'élue. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, assez mal à l'aise face aux questions des parlementaires, a assuré que ces dossiers restaient prioritaires.