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Menaces de mort, insultes et expulsions de prévenus : une première journée sous haute tension dans le procès du home-jacking de Donnarumma

[LOIC VENANCE/AFP]

Le procès du violent homejacking de Gianluigi Donnarumma a débuté jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris. Trois hommes comparaissent, soupçonnés d’avoir organisé ou participé au cambriolage du domicile de l’ancien gardien du PSG, en juillet 2023. Dès les premières minutes de l’audience, la tension est montée d’un cran avec l’expulsion de deux frères d’un des prévenus, avant que les incidents ne se multiplient dans le box.

Il n’aura fallu qu’une trentaine de minutes pour que le premier incident éclate lors du procès du violent home-jacking de l'ancien joueur du PSG, Gianluigi Donnarumm. Dans le public, deux frères d’Ilyas Kherbouch, surnommé "Ganito", tentent de communiquer avec le prévenu par signes et à distance. Un comportement interdit pendant les débats. Les policiers interviennent et les deux hommes sont expulsés de force de la salle.

"Je te tue"

L’incident fait monter la tension. Depuis le box, Ilyas Kherbouch s’emporte et commence à insulter les fonctionnaires. Les noms d’oiseau fusent. Des policiers viennent en renfort alors que le ton continue de monter. Une première suspension est décidée. Mais dans et autour de la salle d’audience, la tension reste palpable.

Une seconde altercation éclate ensuite dans le box. Un policier est assis derrière Ilyas Kherbouch. L’agent lui reproche des insultes proférées à voix basse et visant sa mère. Le prévenu explose. "Tu fais 50 kg tout mouillé, viens on va régler ça dehors", lance-t-il au policier. Puis : "Toi et moi seul, je te tue". Les insultes continuent : "Toi et moi tout seul je te baise ta mère ; je t’encule". Une dizaine de fonctionnaires interviennent pour tenter de ramener le calme dans le box. "Vous le sortez de l’audience", ordonne finalement la présidente. Ilyas Kherbouch est alors évacué pendant une heure.

"Je m’en fous ! J’en veux pas de ce procès !"

La scène indigne Me Thomas Klotz, l’avocat de Gianluigi Donnarumma. "On regrette ces comportements. Il faut absolument que les choses redescendent, qu’on retrouve de la sérénité, les débats doivent redevenir sereins impérativement", déclare l’avocat.

La présidente adresse ensuite un "avertissement solennel" à Ilyas Kherbouch. Elle lui rappelle qu’il pourrait être jugé en son absence et poursuivi pour de nouvelles infractions. Le prévenu réplique : "Je m’en fous ! J’en veux pas de ce procès ! Je veux pas la presse ici !" De retour dans le box, son attitude ne change guère. Bras croisés, tête appuyée contre la vitre, il fait mine de dormir. Le procès semble ne pas le concerner.

"T’es la reine des suceuses"

La tension gagne ensuite un autre prévenu. Khyan Mamouni s’emporte à son tour contre la présidente. "T’es la reine des suceuses", lui lance-t-il avant d’être exfiltré du box. Dans les couloirs du tribunal, sa colère ne retombe pas. Pendant une dizaine de minutes, il cogne contre les murs.

Les deux prévenus ont reçu un avertissement au cours de cette première journée particulièrement houleuse. Après ces multiples incidents, les débats doivent reprendre ce vendredi matin. Le tribunal doit désormais revenir au fond du dossier : le déroulement du homejacking de juillet 2023, le rôle de chacun des trois prévenus et les éléments susceptibles d’établir l’implication d’Ilyas Kherbouch comme commanditaire présumé. Le délibéré est attendu ce soir.