Rejet de la candidature de Sylvie Goulard : "Emmanuel Macron a agi avec une scandaleuse légèreté dans ce dossier", dénonce Yannick Jadot

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Invité vendredi d'Europe 1, l'eurodéputé EELV est revenu sur le rejet de la candidature de Sylvie Goulard à la Commission européenne par les députés européens. 
INTERVIEW

La décision sonne comme un camouflet pour Emmanuel Macron. Après le rejet par les eurodéputés de Sylvie Goulard, candidate française à la Commission européenne, le président de la République a fait part de son agacement jeudi, assurant avoir reçu des assurances de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, d'obtenir le feu vert des groupes parlementaires, et évoqué du "ressentiment" pour expliquer cette décision. Mais pour l'eurodéputé Europe Écologie - Les Verts Yannick Jadot, invité vendredi d'Europe 1, le principal responsable de cette situation est le chef de l'État qui "a agi avec une scandaleuse légèreté dans ce dossier".  

"On a une extraordinaire, une très grave légèreté du président de la République", estime l'écologiste selon qui "on a l'impression qu'Emmanuel Macron était en train de nommer un commissaire européen aux carottes râpées". 

"Le Parlement européen a fait son travail de contrôle démocratique"

Alors que, du côté d'Emmanuel Macron comme de LREM, on estime que le rejet de la candidature de Sylvie Goulard est dû à des considération politiciennes, Yannick Jadot rappelle "les deux boulets que traîne Sylvie Goulard". Deux enquêtes sont en effet en cours, l'une par la justice française, l'autre par l'office anti-fraude de l'UE (Olaf), sur sa participation à un système d'emploi fictif présumé pour son parti, le MoDem. Des interrogations ont également été émises sur les activités ayant justifié d'importantes rémunérations obtenues entre 2013 et 2016 de l'institut Berggruen, fondé par le milliardaire germano-américain Nicolas Berggruen, alors qu'elle était députée européenne. 

"Que la droite ait voulu cogner Emmanuel Macron, que les sociaux-démocrates aient fait la même chose, c'est une évidence", reconnaît Yannick Jadot. Mais, ajoute-t-il, le Parlement européen s'est saisi du cas de Sylvie Goulard "pour des raisons éthiques", et a fait "son travail de contrôle démocratique". "Le Parlement européen a été extrêmement agacé ces derniers jours par les interventions répétées d'Emmanuel Macron auprès des autres pays pour dire 'disciplinez vos députés, il est hors de question que la candidate française soit invalidée'", explique-t-il encore. 

"On laissait planer une épée de Damoclès sur la Commission"

Lors de ces auditions par les députées européens, l'éphémère ministre des Armées avait rappelé qu'elle n'avait pas été mise en examen dans le dossier des emplois fictifs présumés du MoDem. Peu importe, pour Yannick Jadot, selon lequel, "on laissait planer une épée de Damoclès judiciaire sur la Commission européenne". 

"Comment Emmanuel Macron a-t-il pu faire ce choix délibéré d'affaiblir la position de la France", s'interroge encore le chef de file des écologistes. Avant de livrer son profil idéal pour prendre le poste refusé à Sylvie Goulard, regroupant le Marché intérieur, l'Industrie, la Défense, l'Espace, le Numérique et la Culture. "Il faut que ce soit une autre femme", demande-t-il, citant notamment le nom de Laurence Tubiana, qui dirige la Fondation européenne pour le climat. 

Europe 1
Par Antoine Terrel