Publié ce mardi matin, le rapport de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public suscite déjà de vives tensions. Encadrement des journalistes, réduction des programmes et réforme de la gouvernance de France Télévisions : les propositions du rapporteur Charles Alloncle inquiètent autant qu’elles bousculent.
Après six mois de travaux dans une ambiance électrique, le rapport de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public sera publié dans les prochaines heures. Mardi matin précisément, selon le député UDR Charles Alloncle, rapporteur de cette commission, qui s’est posé en opposant à un système qu’il critique depuis le début de ses travaux.
À la lecture des 400 pages de ce rapport explosif, on comprend pourquoi cette commission dérange.
"On veut nous fliquer"
En interne, les journalistes s’inquiètent d’une réforme phare portée par Charles Alloncle : celle visant à encadrer la prise de parole des salariés sur les réseaux sociaux, au nom du devoir de réserve. "On veut nous fliquer", glisse un journaliste de France Télévisions.
Du côté de la direction, c’est une autre recommandation qui fait grincer des dents. Le rapporteur propose de réduire de 75% la place des jeux à l’antenne et d’abandonner la diffusion des compétitions sportives, à l’exception du Tournoi des Six Nations, du Tour de France et de Roland-Garros. Des programmes très coûteux, mais qui drainent chaque année des millions de téléspectateurs.
Enfin, Delphine Ernotte redoute un changement du mode de désignation du président de France Télévisions. Charles Alloncle souhaite en confier la nomination au président de la République, sous réserve de l’approbation des deux assemblées. Un verrou qui compromet très sérieusement ses chances d’obtenir un quatrième mandat.