Radicalisation islamiste : "Du renoncement, on est passé à la lâcheté", attaque Bruno Retailleau

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Bruno Retailleau 2:33
Bruno Retailleau était l'invité d'Europe 1. Il est revenu sur la commission d'enquête sénatoriale qui travaille actuellement sur la radicalisation islamiste. © Europe 1
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Depuis près de quatre mois, une commission d’enquête sénatoriale à l'initiative de Bruno Retailleau travaille et auditionne sur la radicalisation islamiste et les moyens de la combattre. Le président du groupe Les Républicains au Sénat estime au micro d'Europe 1 que depuis l'attaque au sein de la Préfecture de police Paris, "aucune leçon n'a été tirée".
INTERVIEW

En octobre, le groupe Les Républicains (LR) du Sénat, présidé par Bruno Retailleau, avait décidé de demander une commission d’enquête "sur le développement de la radicalisation islamiste et les moyens de la combattre". Une demande qui suivait l'attaque, deux semaines auparavant, à la Préfecture de police de Paris. Invité d'Europe 1, le sénateur de la Vendée juge que ce qui ressort jusqu'à présent de cette commission d'enquête, c'est qu'"aucune leçon n'a été tirée". 

"On est non seulement dans le renoncement, mais du renoncement on est passé à la lâcheté", déclare de but en blanc Bruno Retailleau. "Quatre policiers se sont faits massacrer. Quelles conclusions en a-t-on tiré ? Est-ce qu’il y a eu une seule démission ? Est-ce que l’imam de Gonnesse radicalisé, qui avait sans doute radicalisé Mickael Harpon, celui qui a tué nos policiers, a été expulsé de France ?", s'interroge-t-il encore.

"Est-ce qu'on va terroriser les terroristes par des enquêtes administratives ?"

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a indiqué mardi que "106 cas" de policiers suspectés de radicalisation sont actuellement étudiés par une équipe spécialisée. Mais selon le président du groupe Les Républicains au Sénat, le gouvernement n'a selon lui pas pris la mesure du phénomène : "Le Premier ministre nous a dit 'je vais répondre à ce quadruple attentat par deux enquêtes administratives'. Mais est-ce qu'on va terroriser les terroristes par des enquêtes administratives ?!" "Aucune leçon n'a été tirée", martèle-t-il. 

 

Trois combats doivent donc être menés en parallèle d'après Bruno Retailleau : le combat contre le djihadisme, mais aussi celui des "quartiers qui sont en train de s’islamiser - la DGSI en a pointé plus de 150", assure-t-il.

Un gouvernement "d'enfants de choeur"

Enfin, il compte aussi le combat "dans les esprits, dans la communication, vis-à-vis de la laïcité". Il fustige notamment les propos de Nicole Belloubet à propos de l'affaire Mila : "C'est une démission. Elle dit pratiquement 'en France, le blasphème est interdit'. C'est une lâcheté". Il juge que le gouvernement est composé "d'enfants de chœur."

Outre la commission d'enquête, Bruno Retailleau et d'autres au sein de la droite sénatoriale ont dans les tuyaux une proposition de loi constitutionnelle pour mieux lutter contre les affirmations identitaires et communautaires. Si dans la fonction publique, un agent suspecté et signalé, cela permettra-t-il de le suspendre ? "Un droit de révocation existe déjà", rappelle celui selon qui "aucune loi ne remplacera le courage". Modifier l'arsenal juridique serait donc surtout un moyen de réaffirmer les principes de la constitution. "En 2015, Mickaël Harpon avait justifié les attentats, et on l'a gardé !" s'indigne-t-il. "Il n'y a pas besoin de nouveau droit pour l'exclure. Les preuves étaient là, tout était là pour l'exclure." Selon le sénateur, il faut donc avant tout "du courage".

Europe 1
Par Séverine Mermilliod