À huit mois de la présidentielle, Insoumis et Écologistes annoncent déjà leurs intentions en cas de victoire du RN. Entre appel à la désobéissance civile de Marine Tondelier et évocation d'une insurrection populaire, ces responsables de gauche considèrent le RN comme un ennemi de la République, plus que comme un adversaire politique.
À huit mois de la présidentielle, Insoumis et Écologistes annoncent déjà leurs intentions en cas de victoire du Rassemblement national. Si le visage de Marine Le Pen venait à s'afficher sur les écrans de télévision le 2 mai 2027 à 20 heures, plusieurs responsables politiques ont prévenu qu'ils contesteraient le choix des Français.
Il y a dix jours, Marine Tondelier expliquait déjà qu'elle appellerait à des actes de désobéissance civile en cas de victoire du RN. La secrétaire nationale des Écologistes a récidivé. "Quand, dans des moments d'histoire française, il y a eu des consignes politiques qui ont été passées, qui étaient extrêmement choquantes, qui étaient illégitimes, heureusement qu'il y a des fonctionnaires qui ont dit "moi, jamais je ne les mettrai en œuvre"", a-t-elle déclaré. Selon elle, le programme du RN "n'est pas républicain" et "met en danger notre démocratie" ainsi que certaines personnes.
"Nous résisterons de toutes les manières qu'il faut", prévient Mathilde Panot
Du côté des Insoumis, la ligne est similaire. "Nous résisterons de toutes les manières qu'il faut", a averti Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale.
Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, est allé plus loin en défendant l'idée d'une insurrection populaire. "Toutes les réformes importantes dans ce pays se sont faites par une insurrection populaire. La prise de la Bastille, tous ces jalons-là, ce sont des choses qui sont liées à l'histoire de France", a-t-il justifié.
Pour ces responsables de gauche, le Rassemblement national n'est pas considéré comme un adversaire politique classique, mais comme un ennemi extérieur à la République. Une position qui laisse entrevoir la possibilité d'un troisième tour dans la rue à l'issue de l'élection présidentielle.