Éric Zemmour a appelé à un "vote du sursaut et de la résurrection" lors de son discours de rentrée au Port-Marly, détaillant plusieurs propositions sur l'intelligence artificielle, qu'il présente comme une réponse à l'immigration, tout en réaffirmant son soutien à la "remigration". Crédité d'environ 4 % d'intentions de vote, il pourrait officialiser sa candidature dès octobre.
Candidat pas encore déclaré à l'élection présidentielle, Eric Zemmour a appelé à un "vote du sursaut et de la résurrection" lors de son discours de rentrée au Port-Marly (Yvelines), après avoir détaillé plusieurs propositions face au défi de l'intelligence artificielle.
Le fondateur du parti Reconquête pourrait annoncer sa candidature dès octobre et revendique déjà 350 promesses de parrainages d'élus sur les 500 nécessaires, a indiqué son entourage, en marge de l'université de rentrée du parti, en région parisienne.
"L'intelligence artificielle n'est pas une mode californienne. C'est la troisième grande révolution industrielle de l'histoire de l'Occident, après la machine à vapeur et l'électricité", a-t-il affirmé devant environ 2.000 sympathisants.
Un programme axé vers l'IA
Il a présenté plusieurs mesures de son programme: des investissements massifs dans l'IA, une électricité française qui "cessera d'être bradée", et la relance du nucléaire avec la création de six EPR d'ici à 2035 et quatorze d'ici à 2045.
"Nous ferons de la France le pays européen où il est le plus facile de créer une entreprise d'IA" grâce à la suppression "massive" des règlementations européennes et françaises qui "étouffent nos ingénieurs", a-t-il lancé. La France peut "devenir le troisième grand pays de l'IA" après les Etats-Unis et la Chine, a-t-il affirmé.
Pour y arriver, l'ancien journaliste entend investir massivement en mobilisant "l'épargne des Européens et des Français" qui représente 37.000 milliards d'euros, a-t-il dit.
Pour Eric Zemmour, l'intelligence artificielle et la robotique sont aussi une réponse à l'immigration, son thème de prédilection, en remplaçant "ces prétendus immigrés indispensables qui font les travaux dont les Français ne veulent pas".
Une réponse, qu'il entend associer à une autre idée qu'Eric Zemmour défend depuis des années, la remigration.
"Il ne suffit plus, en 2026, de fermer les frontières et d'arrêter les flux. Il faut aller plus loin. Il faut inverser le mouvement. Il ne suffit pas de prôner l'immigration zéro, mais d'enclencher l'immigration négative. Il faut la remigration", a affirmé le responsable d'extrême droite.
Les idées de Sarah Knafo mises en avant
Eric Zemmour devrait en 2027 moins insister sur ces thèses identitaires qu'en 2022, a-t-on indiqué dans son entourage. Il entend parler davantage d'économie, et s'appuyer sur les idées de la vice-présidente du parti, Sarah Knafo.
Celle-ci a dénoncé l'état des finances publiques, évoquant un système qu'il "faut traquer, cerner et arrêter comme on arrête un voleur, comme on arrête un gang, avec tout son réseau de complices et de petites mains" et dont elle détaille les rouages dans son premier livre "Le Casse du Siècle" (Fayard) qui, a-t-elle indiqué, s'est écoulé à plus de 100.000 exemplaires, douze jours après sa sortie.
Crédité d'environ 4% d'intentions de vote dans les derniers sondages, Eric Zemmour reste loin derrière Marine Le Pen (30 à 35%), qui prononçait elle aussi son discours de rentrée dimanche à Hénin-Beaumont. En 2022, pour sa première candidature, il avait réalisé le quatrième score, 7,07% des voix.