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Présidentielle 2027 : Éric Ciotti appelle Bruno Retailleau à rejoindre une «maison de droite forte»

Éric Ciotti et Bruno Retailleau. [AFP]

À l’approche de la présidentielle, Éric Ciotti tend la main à Bruno Retailleau. Le président de l’UDR appelle le patron de LR à rejoindre une "maison de droite forte", redoutant qu’il cède aux pressions et se rapproche finalement d’Édouard Philippe.

Le président de l'UDR Eric Ciotti a appelé dimanche le patron de LR Bruno Retailleau, candidat à la présidentielle, à le rejoindre "dans une maison de droite forte", redoutant la "pression" qui l'amènerait à aller "à la soupe" auprès d'Edouard Philippe.

"J'ai du respect pour Bruno Retailleau" mais "je suis inquiet sur son positionnement futur", a déclaré le maire de Nice sur BFMTV.

"On voit bien que sa démarche, elle ne prospère pas, parce qu'il ne peut pas prétendre à la victoire au second tour. Donc là aussi, je crois que le moment est fait pour mobiliser du courage, pour additionner les forces et je dis à Bruno de nous rejoindre", a insisté Eric Ciotti.

"La pression va peser sur lui"

Président du parti Les Républicains de 2022 à 2024, Éric Ciotti avait quitté avec fracas la tête du mouvement pour s'allier avec la leader du Rassemblement national Marine Le Pen lors des législatives post-dissolution. Son départ, au nom de l'union "des droites", soit de la droite et de l'extrême droite, pour laquelle il plaide ardemment, avait plongé le parti gaulliste dans une crise profonde.

Bruno Retailleau a pris les commandes de LR en 2025, puis en est devenu le candidat à la présidentielle, plafonnant toutefois entre 6% et 12% dans les enquêtes d'opinion selon les configurations. Ce qui alimente des spéculations autour d'un éventuel désistement.

"Je redoute qu'il soit aspiré par le système qui m'a combattu", a fait valoir Éric Ciotti, prédisant que "la pression va peser sur lui" et que fleuriront des "appels au retrait" à l'issue des élections sénatoriales du 27 septembre.

"Je ne suis pas certain qu'il résiste à cette pression et je redoute qu'il rejoigne Édouard Philippe", candidat d'Horizons, a souligné Éric Ciotti, en l'invitant à "revenir dans une maison de droite forte, courageuse, audacieuse" pour "renverser la table".

"La seule famille d'une droite gaulliste"

Le maire de Nice a également brandi le spectre d'une scission de LR, dont une partie pourrait aller "à la soupe d'Edouard Philippe" et une autre viendrait garnir les rangs de l'UDR "parce que nous serons la seule famille d'une droite gaulliste".

Interrogé en parallèle dans Le Grand Jury RTL/M6/Public Sénat/Ouest France, le maire RN de Perpignan et numéro deux du RN Louis Aliot a indiqué être "un peu dans l'expectative" concernant Bruno Retailleau, qui "naturellement devrait se tourner vers nous". Mais s'il ne le fait pas, "les électorats le feront", croit-il savoir.

Éric Ciotti est par ailleurs revenu sur le retour en grâce de Marion Maréchal auprès de Marine Le Pen, alors que la nièce de la candidate avait préféré en 2022 soutenir Eric Zemmour à la présidentielle.

"C'est à Marine Le Pen de voir la place qu'il convient de lui donner" dans la campagne, a souligné Éric Ciotti.

"Mais après, ce que je constate, c'est que je ne suis pas certain que la plus-value, elle soit de ce côté" de l'échiquier politique, a-t-il poursuivi, appelant Marine Le Pen à non pas se tourner davantage vers l'extrême droite, mais plutôt vers la droite plus traditionnelle afin "d'élargir" son socle.