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Pourquoi Édouard Philippe et Marine Le Pen veulent imposer leur duel dès le premier tour

À moins d’un an du premier tour de l’élection présidentielle, Édouard Philippe et Marine Le Pen tentent déjà d’imposer l’idée d’un duel inévitable. Une stratégie destinée à effacer leurs concurrents dès le premier tour, notamment Jean-Luc Mélenchon.

À moins d’un an du premier tour de l’élection présidentielle, Édouard Philippe et Marine Le Pen tentent déjà d’imposer l’idée d’un duel inévitable. Une stratégie destinée à effacer leurs concurrents dès le premier tour, notamment Jean-Luc Mélenchon.

À moins d’un an du premier tour de l’élection présidentielle, Marine Le Pen et Édouard Philippe tentent déjà d’imposer leur duel. À coups de petites phrases, d’attaques ou de sondages, les deux candidats espèrent effacer leurs concurrents du premier tour, et notamment Jean-Luc Mélenchon. 

Pourtant, la présence du leader insoumis au second tour garantirait presque une victoire facile à son opposant, tant il reste rejeté par une large partie des Français. Alors pourquoi Marine Le Pen et Édouard Philippe veulent-ils absolument s’affronter au second tour ?

Pour Édouard Philippe, l’objectif est d’abord stratégique. En installant l’idée d’un duel avec Marine Le Pen dans l’opinion, l’ancien Premier ministre cherche à marginaliser ses concurrents au sein du bloc central, comme Gabriel Attal, Élisabeth Borne ou encore Bruno Retailleau. 

Dans son entourage, certains résument la stratégie sans détour. "Édouard Philippe devient le bulletin du vote utile dès le premier tour", déclarent-ils. En clair, face à la menace d’une victoire du Rassemblement national, il veut apparaître comme le candidat le mieux placé pour rassembler les électeurs modérés et pro-européens. 

Dans le camp de Marine Le Pen, Édouard Philippe est perçu comme l’héritier naturel du chef de l’État

L’ancien chef du gouvernement mise aussi sur une mécanique déjà éprouvée : celle du front républicain. Un duel face à Marine Le Pen lui permettrait d’espérer un large report de voix au second tour. À l’inverse, une confrontation avec Jean-Luc Mélenchon serait politiquement plus inconfortable pour lui, puisqu’il lui faudrait alors aller chercher une partie de l’électorat lepéniste. 

Du côté de Marine Le Pen, la logique est différente. Après deux défaites face à Emmanuel Macron, la candidate du Rassemblement national veut désormais battre le macronisme sur le terrain idéologique. Et dans son camp, Édouard Philippe est perçu comme l’héritier naturel du chef de l’État. 

"Il faut gagner à la loyale", confie un proche de la dirigeante d’extrême droite. Une victoire face à Jean-Luc Mélenchon pourrait être interprétée comme un vote de rejet. À l’inverse, battre Édouard Philippe permettrait à Marine Le Pen de démontrer une véritable adhésion à son projet politique. 

"On refuse d’être le moins pire", résume un député RN. L’objectif est clair : obtenir une victoire nette, disposer d’une légitimité politique forte une fois arrivée à l’Élysée et pouvoir appliquer son programme sans contestation.