Pour Jean-François Copé, la démission de Laurent Wauquiez était "inévitable"

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Jean-François Copé, Europe 1, 1280 1:29
Les Républicains ont "quand même quelques questions majeures à se poser", estime Jean-François Copé. © Europe 1
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Laurent Wauquiez a démissionné de son poste de président des Républicains, dimanche. Lundi sur Europe 1, Jean-François Copé a estimé que la situation était devenue "intenable" pour le président de LR, depuis la débâcle des élections européennes.
INTERVIEW

"C'était une démission inévitable." Jean-François Copé a estimé lundi matin que Laurent Wauquiez n'avait d'autre choix que de quitter la présidence de LR après l'échec que le parti a connu lors des élections européennes (8,48%), une semaine plus tôt. "On était arrivé à un point de blocage total", a jugé l'ancien président de l'UMP au micro de Nikos Aliagas sur Europe 1.

Depuis le scrutin européen, "on voyait chaque jour la désagrégation" du parti, a-t-il expliqué, en faisant référence à "la constitution d'un groupe de travail autour de Gérard Larcher, des menaces de groupes parlementaires séparés" et "la gronde des élus locaux qui s'inquiètent, à juste raison, pour les municipales". "Tout cela rendait la situation intenable."

"Des erreurs ont été commises"

Selon lui, "il y a beaucoup de choses qui ont joué" pour en arriver à cet échec et il y a "des erreurs qui ont été commises". Parmi ces erreurs, il y en a "une un peu fondatrice" : "Le fait que Laurent Wauquiez, au deuxième tour de la présidentielle en 2017, ait refusé de choisir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen !" Personne n'est "totalement fan de tout ce que fait Emmanuel Macron" à droite, mais Jean-François Copé rappelle la "tradition" de sa famille politique, à savoir "une étanchéité totale par rapport à l'extrême droite française". Une ligne partagée quelques instants plus tard, toujours sur Europe 1, par... Gérald Darmanin.

>> De 7h à 9h, c’est deux heures d’info avec Nikos Aliagas sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

Après le départ de Laurent Wauquiez, Les Républicains ont "quand même quelques questions majeures à se poser", prévient le maire de Meaux. "Il y a une en particulier qui est de se dire 'quelle doit-être notre ligne politique ?' Est-ce que l'on doit continuer d'être rétrécis, rabougris comme on l'a été ces deux dernières années ? Ou est-ce qu'au contraire, on revient à l'essentiel, c'est-à-dire cette capacité de faire vivre ensemble des gens différents mais qui se retrouvent sur l'essentiel ?"

"Est-ce que LR est encore la bonne structure ?"

Jean-François Copé appelle notamment son parti à avoir "une clarté d'expression et de pensée sur l'équilibre entre la liberté économique et notre modèle social". "Est-ce que LR est encore la bonne structure ?", s'interroge-t-il. Il évoque comme piste de réflexion "le fait d'élargir" et de "repenser complètement la famille politique de la droite et du centre pour qu'elle réincarne son espace et évite le match archi-dangereux entre Macron et Le Pen". Car le "jour où ça ne sera pas Macron qui gagnera, on n'aura plus que nos yeux pour pleurer".

Et pour diriger le parti dans cette transition et succéder à Laurent Wauquiez, Jean-François Copé confie qu'il n'a pas de nom en tête mais "pense que, pour une fois, ce n'est peut-être par l'urgence". D'après lui, il faut "attendre un peu avant de relancer une élection interne" et "se donner quelques mois pour se parler, pour se retrouver".

Europe 1
Par Grégoire Duhourcau