"Personne ne peut se prétendre héritier de Jacques Chirac aujourd’hui", estime Alain Juppé

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Alain Juppé était l'invité de Pierre de Vilno, sur Europe 1, samedi matin. 3:33
Alain Juppé était l'invité de Pierre de Vilno, sur Europe 1, samedi matin. © Europe 1
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Invité samedi d'Europe Matin, Alain Juppé, qui a été Premier ministre de Jacques Chirac de 1995 à 1997, a rendu hommage à l'ancien président de la République, un an après sa disparition. Il publie également "Mon Chirac, une amitié singulière" où il évoque son parcours aux côtés du Corrézien, à partir des années 1970.
INTERVIEW

Il fut l’un de ses plus fidèles compagnons de route. Alain Juppé, qui fut Premier ministre de 1995 à 1997, signe Mon Chirac, une amitié singulière aux éditions Tallandier. Invité d’Europe Matin samedi, un an jour pour jour après la disparition de l’ex-chef de l’Etat, il évoque un parcours politique hors norme. Si bien que "personne ne peut se prétendre héritier de Jacques Chirac aujourd’hui", estime Alain Juppé. "L’émotion, à l’annonce de sa mort, traduisait une adhésion, une empathie entre le peuple de France et lui", explique-t-il. Un cas rare dans l’histoire politique, selon l’ancien maire de Bordeaux : "Jacques Chirac était arrivé à incarner le père de la nation."

"Notre amitié est singulière car, lorsque l’on regarde les 20 ou 30 dernières années, il est rare qu’un président de la République et son Premier ministre se fassent confiance jusqu’au bout", relève Alain Juppé que Jacques Chirac avait qualifié de "meilleur d'entre nous". "Entre Chirac et moi la confiance a duré, et même au-delà de son deuxième mandat".

Républicain, humaniste, européen et "homme de paix"

"C’était un républicain très fortement attaché aux valeurs de la République, à la laïcité. Il avait horreur du racisme et de l’antisémitisme", veut encore rappeler Alain Juppé. "C’était un humaniste attaché à la défense des plus faibles. Souvenons-nous de ses grandes lois sur les handicapés, le plan cancer ou la mise en place du Samu social à Paris. Et puis c’était un Européen, peut-être pas par passion, mais de raison. Il a fait beaucoup pour faire avancer l’euro", ajoute celui qui siège aujourd’hui au Conseil constitutionnel. Il se souvient également de "l’homme de paix", qui avait pris position contre la guerre en Irak en 2003.

Europe 1
Par Romain David