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«On a l’impression de se faire marcher dessus» : les soignants inquiets concernant la suite des débats sur la fin de vie

Comme prévu, la commission mixte paritaire n'a pu s'entendre sur le projet de loi concernant l'euthanasie. Et si les députés devraient trancher définitivement avant la pause estivale, de nombreuses fédérations se montrent très inquiètes vis à vis de cette échéance.

Ce mardi, sans surprise, députés et sénateurs ne sont pas tombés d’accord, lors de la commission mixte paritaire, sur le projet de loi sur l'euthanasie.

Autrement dit, ce sont les députés, bien plus favorables au texte que le Sénat, qui trancheront définitivement avant la pause estivale. Et pour une grande partie des soignants et des malades, l’inquiétude monte, entre absence de dialogues et sentiment d’abandon.

Une méconnaissance du texte par les parlementaires

"Nous n’avons pas du tout été écoutés. Il y a eu des rendez-vous, des auditions, mais qui n’étaient que des auditions de façade. On a l’impression de se faire marcher dessus", regrette Ségolène Perruchio, médecin et présidente de la société française des soins palliatifs.

Au sein des 24 fédérations de soignants opposées à cette loi, l’incompréhension règne, notamment sur le coup d’accélérateur soudain voulu par le gouvernement. "Il est extrêmement incompréhensible d'aller faire un passage en force et de donner le dernier mot à l'Assemblée, alors qu'on voit à quel point il n'y a pas de consensus", poursuit-elle.

Autre motif d’inquiétude : une méconnaissance du texte par les parlementaires eux-mêmes, selon de nombreux médecins, qui rappellent qu’eux seront en première ligne.

"Prendre rendez-vous pour organiser la mort des gens, c’est quelque chose de très violent. Faire mourir quelqu’un qui vous parle et qui vous regarde, confère une charge émotionnelle considérable", rappelle Alexis Burnod, médecin urgentiste, spécialiste des soins palliatifs à l’institut Marie Curie.

En mai dernier, plusieurs de ces associations ont sollicité une audience urgente auprès de Matignon. Un courrier qui est depuis resté lettre morte...